‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 132 sur 280 · SCENE PREMIERE HERMANN, puu BEN-SAMUEL · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE HERMANN, puu BEN-SAMUEL

HERMANN, seul. Il achève de clouer une caisse.

Je ne sais quel diable le pousse, nous étions bien ici. Je m'y plaisais, moi... il y a la petite voisine, Berthe, avec qui je causais le matin... Eh bien, tout d'un coup il faut partir, toujours partir dès qu'on commence à prendre goût au pays... Mordieu : ce serait mon cercueil que je clouerais là, je ne serais pas plus triste !...

Ben-Samuel est entré sur les derniers mots.

BEN-SAMUEL

Ah ! monsieur Hermann, on voit bien que vo jeune. Les jeunes gens aiment à parler de la mort nous autres vieillards, c'est un mot que nous t d'oublier.

HERMANN

Pour tâcher que la chose vous oublie... Mais qu'est-ce que vous voulez encore, vieux rabbin?

BEN-SAMUEL

J'apporte les ducats, et je viens prendre le petit martyre.

11 lui remet une bonne.

HERMANN, allant à une petite table qui se trouve à gauche.

Bon. Je vais compter.

11 compte les ducats.

BEN-SAMUEL

Ah çà, mon enfant, vous partez avec le maître ?

HERMANN

Oui.

BEN-SAMUEL

Vous ne pouvez avoir un plus glorieux maître !

HERMANN

Je le voudrais moins glorieux et moins ambulant.

BEN-SAMUEL

Il a sans doute de bonnes raisons pour voyager.

HERMANN

Soit; mais il pourrait bien me les dire... le plus patient se fatigue à la fin, et je saurai bien lui prouver que je suis libre de mes actions.

BEN-SAMUEL

Allons 1 mon enfant I yous n'auriez pas le cœur de le quitter.

Si, mordieu ! je l'aurai, puisqu'il a bien celui de me traiter, comme un chien!... C'est un homme sans cœur... j e le quitterai.

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