SCÈNE III
HERMANN, PALMA, sombre et brusque.
PALMA
Eh bien! est-ce fait?... tout est-il prêt ?
Oui, maître.
Il le regarde avec inquiétude.
PALMA
Ma mère ?...
HERMANN
Elle m'a dit de l'avertir quand il serait temps...
PALMA
Qu'as-tu donc à me regarder ainsi ?
HERMANN
Pardon, maître, vous étiez souffrant ce matin, et...
PALMA
Personne n'est venu?
HERMANN
Le juif. Voici les ducats.
Il inontro la bourse.
PALMA*
C'est bon. (Avec brusquerie.) Eh bien! que faites-vous là?... êtes-vous fou?... Vous me dites que tout est prêt... et ces cadres, et ces toiles... que fait tout cela par terre?
HERMANN, blessé,
Maître...
* Palma, Hermann
19* PALMA
Allons ! finissons! terminez cette besogne.
HERMANN
Maître, vous m'avez habitué à obéir à des prières et non à des ordres.
PALMA
Ah! est-ce ainsi? Vous avez donc, maître Hermann, l'instinct des oiseaux qui sentent venir l'orage ?
HERMANN
Je suis votre élève, et non votre valet.
PALMA
C'est juste. Eh bien, je ne veux plus d'élèves. Partez. Si vous avez besoin d'argent, vous savez où je mets le mien, prenez ce qu'il vous faut. Adieu.
HERMANN
Adieu, maître...
Il s'arrête au fond, et y demeure Immobile.
PALMA
Hermann ! (Hermann se rapproche.) Écoute, je rentre ici accablé par la dureté et l'injustice des hommes, et je ne trouve rien de mieux que de me venger sur un innocent... Pardonne-moi, je suis malheureux !
Merci, maître Johann, merci. Vous pouvez maintenant me malmener aussi rudement que vous voudrez. Je me rappellerai ce que vous venez de me dire, et je souffrirai tout de vous.
PALMA
Va, mon ami. Je n'ai pas voulu te retenir. Seulement nous ne pouvions nous quitter ainsi, n'est-ce pas? Ta main, Hermann... Adieu.
Lui prenant la main.