‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 135 sur 280 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

HERMANN, PALMA, sombre et brusque.

PALMA

Eh bien! est-ce fait?... tout est-il prêt ?

Oui, maître.

Il le regarde avec inquiétude.

PALMA

Ma mère ?...

HERMANN

Elle m'a dit de l'avertir quand il serait temps...

PALMA

Qu'as-tu donc à me regarder ainsi ?

HERMANN

Pardon, maître, vous étiez souffrant ce matin, et...

PALMA

Personne n'est venu?

HERMANN

Le juif. Voici les ducats.

Il inontro la bourse.

PALMA*

C'est bon. (Avec brusquerie.) Eh bien! que faites-vous là?... êtes-vous fou?... Vous me dites que tout est prêt... et ces cadres, et ces toiles... que fait tout cela par terre?

HERMANN, blessé,

Maître...

* Palma, Hermann

19* PALMA

Allons ! finissons! terminez cette besogne.

HERMANN

Maître, vous m'avez habitué à obéir à des prières et non à des ordres.

PALMA

Ah! est-ce ainsi? Vous avez donc, maître Hermann, l'instinct des oiseaux qui sentent venir l'orage ?

HERMANN

Je suis votre élève, et non votre valet.

PALMA

C'est juste. Eh bien, je ne veux plus d'élèves. Partez. Si vous avez besoin d'argent, vous savez où je mets le mien, prenez ce qu'il vous faut. Adieu.

HERMANN

Adieu, maître...

Il s'arrête au fond, et y demeure Immobile.

PALMA

Hermann ! (Hermann se rapproche.) Écoute, je rentre ici accablé par la dureté et l'injustice des hommes, et je ne trouve rien de mieux que de me venger sur un innocent... Pardonne-moi, je suis malheureux !

Merci, maître Johann, merci. Vous pouvez maintenant me malmener aussi rudement que vous voudrez. Je me rappellerai ce que vous venez de me dire, et je souffrirai tout de vous.

PALMA

Va, mon ami. Je n'ai pas voulu te retenir. Seulement nous ne pouvions nous quitter ainsi, n'est-ce pas? Ta main, Hermann... Adieu.

Lui prenant la main.

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