‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 144 sur 280 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Au lever du rideau, un chœur de pèlerins chante au loin.

blanche païenne !

lune sereine,

Qu'aiment les amants,

Voici l'heure, ô reine,

Où ta main égrène

De purs diamants.

Verse nous, déesse profane, Des nuits plus douces que les jours :

Comme à ton jeune amant, Diane, Verse-nous d'immortels amours.

206 PALMA

C'est l'heure chrétienne,

Marie, ô gardienne

Des chastes ferveurs,

Où l'étoile reine

Apparaît soudaine

Aux pâtres rêveurs.

Comme le tien, douce patronne, Fais-nous un hymen éternel, Et ceins nos fronts de la couronne Qui pare ton front maternel.

Pendant ces couplets, Justus et Ko?chen descendent le sentier de la cqlline. Ils sont en costume de pèlerins. Le chant continue.

ROSCHEN

Vous êtes contrariant, Justus; j'aurais eu du plaisir à entendre de près les chants de ces pèlerins italiens, et vous m'avez emmenée tout justement comme ils vont commencer.

JUSTUS

D'abord, mademoiselle Roschen, je vous dirai que je n'aime pas la musique; et puis, ces Italiens et ces Italiennes, tout pèlerins qu'ils sont, chantent des choses que je préfère vous laisser ignorer.

ROSCHEN

Et pourquoi, s'il vous plaît, monsieur Justus?

JUSTUS

Vous êtes une femme, Roschen, et je suis un homme.

ROSCHEN

Ensuite ?

JUSTUS

Ensuite, nous sommes fiancés : nous venons de faire à Notre-Dame d'Arnheim le pèlerinage des fiançailles, selon * le vieil usage du pays. Nous allons être mari et femme, enfin.

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