‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 152 sur 280 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

pour cet enfant innocent. C'est moi qui vais délier tes lèvres, si fidèles au devoir, mon Johann ! Ne crains plus rien.

CHRISTIAN

Madame, taisez-vous!

PALMA

Parlez, ma mère.

CHRISTIAN, avec force.

Gertrude, prenez garde à vos paroles.

GERTRUDE

Que m'importe! 11 me méprisera... mais il ne mourra pas !... Viens, mon Johann, viens que je t'embrasse... C'est peut-être la dernière fois que tu souffres un baiser de ta mère !

Elle l'embrasse.

CHRISTIAN

Malheur !

GERTRUDE

Oh! vous ne me faites plus peur!... En m'accablant d'une misère qui ne peut plus être surpassée, vous avez perdu sur moi tout empire. Écoute, Johann... cet homme n'est pas ton père !

Que dites-vous?

GERTRUDE

Je t'ai trompé ; car ton respect, mon enfant, était le seul bien qui me restât au monde, et je ne voulais pas le perdre... Oui, je t'ai trompé, pardonne-moi! cet homme n'est pas ton père! Il est un étranger pour toi! je te le jure sur mon salut éternel!... Tu vois qu'il ne me contredit pas! v ' 13

218 PALMA

PALM A) arec force.

Dieu tout-puissant!... il n'est pas mon père!... Depuis tant d'anne'es j'ai supporté tous les outrages!... toutes les misères... Et j'allais souffrir une mort honteuse... pour lui... pour lui... Et il n'est pas mon père! Ah! Hermann, donne-moi ton e'pée !

Il saisit l'épée d'Herinann et se met en garde. GERTRUDE.

Malheureuse, qu'ai-je fait!

Elle se trouve près d'Hermann et lui arrête le bras. Franz de son côte arrête son père, dont l'épée croise celle d'Herinann.

CHRISTIAN, & Franz,

Laissez, laissez, Franz!

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