ACTE PREMIER
RENÉ
Mais j'ai déjà eu l'honneur, monsieur le duc, de vous exprimer le vif regret que j'éprouve de mon emportement ; les bons offices dont me comble monsieur le mare'ehal de Richelieu m'obligent, envers tout ce qui lui tient, à un respect dont je suis inconsolable, monsieur le duc, de m'être écarté envers vous.
FRONSAC
Est-ce tout? Voilà des excuses qui pourraient être bonnes entre égaux, monsieur...
RENÉ
J'éprouve à vous les faire, monsieur le duc, autant de confusion que si j'avais l'honneur d'être votre égal.
FRONSAC, pirouettant sur ses talons, et apercevant dans la galerie un exempt et des gardes.
Ma foi! voici monsieur qui arrive à propos pour vous montrer le cas que j'en fais.
Il s'assied, et l'Exempt parait au fond.
FLORINE
Mais que faut-il de plus, monsieur le duc ?
Qu'il avoue que sa conduite a été d'un fat, voilà tout.
RENÉ, ému.
Monseigneur, j'aime mieux renoncer à votre bienveillance qu'à votre estime, (a Fiorine.) Adieu, mademoiselle, et merci... (Bas.) Dites-lui, puisque vous le connaissez... que je suis heureux de souffrir pour elle, et...
FRONSAC, toujours assis.
A-t-on fini de s'attendrir là-bas? Monsieur l'Exempt, faites votre office.
L'Exempt fait un pas quand Richelieu rentre donnant la main à la dame voilée. — Moment de silence.