SCÈNE IX IUCHELIEU, RENÉ, MARIE
RENÉ
Marie!... c'est bien vous»», je vous retrouve enfin!...
Arrêtes, monsieur, vous commettez une méprise !
RENÉ
Une méprise!... que voulez-vous dire?... Cet accueil à moi!
Marie.
Un seul mot, monsieur René. Est-il vrai que plus d'une fois, et cette nuit encore, vous soyez allé au bal masqué pour y rencontrer une femme ?
RICHELIEU
Ehl non, vous dis-jel c'est une calomnie des méchants!
MARIE
Répondez, monsieur !
RENÉ. 1
Hélas!... c'est la vérité!
MARIE
Vous entendez, monseigneur?
RICHELIEU
Oui, mais il va s'expliquer. — Expliquez-vous donc, René... On s'explique, dans ce cas-là!
RENÉ
Daignez m'entendre, Marie : Jamais on ne m'eût attiré à un rendez-vous, si l'on n'eût pas invoqué votre nom et
fait appel à mon amour pour vous... C'était vous que j'espérais trouver la première fois que je me rendis à ce bal.
MARIE
Et depuis, monsieur, dans toutes les entrevues qui ont suivi, votre erreur n'a point cessé, n'est-ce pas? et c'était encore moi que vous croyiez suivre ici sous ce de'guiment, n'est-ce pas ?
RENÉ
Quand cet aveu devrait me perdre, Marie, je serais honteux de nier l'empire, le charme irrésistible que la voix, que les paroles de cette femme inconnue ont exercé sur mon esprit; mais bien que cette vérité soit si étrange qu'elle ressemble à un indigne mensonge, je vous supplie de me croire... Jamais je n'ai cessé de vous aimer, Marie... entre cette femme et moi, votre image fut toujours présente et toujours respectée.
RICHELIEU
L'enfant les aime toutes deux, voilà le fait.
MARIE
Monsieur, c'est de la folie ou de l'outrage, et jamais... Grand Dieu!
Brait confus de voix au fond du jardin.