‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 190 sur 280 · SCÈNE IX IUCHELIEU, RENÉ, MARIE · texte numérisé non relu

SCÈNE IX IUCHELIEU, RENÉ, MARIE

RENÉ

Marie!... c'est bien vous»», je vous retrouve enfin!...

Arrêtes, monsieur, vous commettez une méprise !

RENÉ

Une méprise!... que voulez-vous dire?... Cet accueil à moi!

Marie.

Un seul mot, monsieur René. Est-il vrai que plus d'une fois, et cette nuit encore, vous soyez allé au bal masqué pour y rencontrer une femme ?

RICHELIEU

Ehl non, vous dis-jel c'est une calomnie des méchants!

MARIE

Répondez, monsieur !

RENÉ. 1

Hélas!... c'est la vérité!

MARIE

Vous entendez, monseigneur?

RICHELIEU

Oui, mais il va s'expliquer. — Expliquez-vous donc, René... On s'explique, dans ce cas-là!

RENÉ

Daignez m'entendre, Marie : Jamais on ne m'eût attiré à un rendez-vous, si l'on n'eût pas invoqué votre nom et

fait appel à mon amour pour vous... C'était vous que j'espérais trouver la première fois que je me rendis à ce bal.

MARIE

Et depuis, monsieur, dans toutes les entrevues qui ont suivi, votre erreur n'a point cessé, n'est-ce pas? et c'était encore moi que vous croyiez suivre ici sous ce de'guiment, n'est-ce pas ?

RENÉ

Quand cet aveu devrait me perdre, Marie, je serais honteux de nier l'empire, le charme irrésistible que la voix, que les paroles de cette femme inconnue ont exercé sur mon esprit; mais bien que cette vérité soit si étrange qu'elle ressemble à un indigne mensonge, je vous supplie de me croire... Jamais je n'ai cessé de vous aimer, Marie... entre cette femme et moi, votre image fut toujours présente et toujours respectée.

RICHELIEU

L'enfant les aime toutes deux, voilà le fait.

MARIE

Monsieur, c'est de la folie ou de l'outrage, et jamais... Grand Dieu!

Brait confus de voix au fond du jardin.

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