‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 198 sur 280 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

FLORINE

Croyez-vous? Et dites-moi, entre nous, vous avez donc une bien terrible envie de voir madame la chanoinesse?

RENÉ

Terrible, mademoiselle, et je la verrai malgré elle, maigre' vous, et maigre' tous les jardiniers qu'il y a. Je ne puis vivre plus longtemps dans le de'sordre d'esprit où je suis : au nom du ciel ne me trahissez pas!

Fort au contraire, je me fais votre complice, et je veux bien préparer madame la chanoinesse à vous recevoir ; mais...

Elle va ouvrir la porte & gauche.

RENÉ

Que de bonté !

FLORINE, ouvrant.

Mais, en attendant, allez vous promener.

RENÉ

Avec votre permission, mademoiselle, je préférerais attendre ici; je vous dirai qu'il tombe là dehors une rosée extrêmement fraîche.

FLORINE

Qu'est-ce que c'est que cet amoureux-là, qui craint la rosée ! (se rapprochant de lui.) Allez, monsieur, madame la chanoinesse sera ici dans deux minutes; j'irai vous appeler.

RENÉ

Ah! mademoiselle!

FLORINE

Quoi?

RENÉ

Vous êtes ma Providence.

l\ lui baise la main arec ardeur.

FLORINE

Eh bien ! est-ce que vous me prenez pour Marie, aussi, moi?

RENÉ

Non! mais c'est que vraiment vous êtes si bonne! (n lui

baise la main) et si belle !

11 loi babe la main.

FLORINE, le fait passer devant elle.

Qu'est-ce que c'est?... vite! vite! à la rosée.

Elle le pou«se jusqu'à la porte.

RENÉ

Tenez! sentez-vous le froid?

FLORINE

Ah! Seigneur! allons. (Elle prend sa pelisse qui est sur le fauteuil

près de la table.) Tenez, mademoiselle, voilà ma pelisse. Allez!

allez! (Elle le pousse dehors et referme la porte. Aussitôt la chanoinesse ouvre la porte de droite.) Il était temps.

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