MEDIANA, LE DUC
LE DUC, touchant l'épaule de Mediana, qui a suivi des yeux la reine et qui demeure absorbé dans ses pensées.
Mediana, je ne sais si vous êtes comme moi ; mais je me défie d'un homme qui me fait du bien quand je ne lui connais pas d'intérêt positif à m'en faire.
Duc, le roi sait apprécier vos services et vous le prouve.
LE DUC
Poète ! Au reste, ce n'est pas le seul motif de ma défiance : avez-vous remarqué l'air rayonnant du duc d""" ce ministre inquisiteur? Un inquisiteur qui vous que ce soit gai pour les autres ?
Pourquoi mêler le comte-duc à vos affaires
LE DUC
Poète ! Et le roi, l'avez-vous jamais vu d'humeur si enjouée ?
Sans douh» il a fait bonne chasse.
LE DUC
Hein ! comment l'entendez-vous ?
Mais le plus naturellement du monde.
LE DUC
Et ce sourire d'Olivarès? Allons, comte, vous vous doutez pourquoi Olivarès souriait, n'est-ce pas ?
Vous plaisantez, duc, je ne m'en doule pas.
LE DUC
Voyons, franchement, est-ce par amitié pour moi que vous feignez d'ignorer tout ce qui se passe ?
Mais qu'y a-t-il donc ?
LE DUC
Allons, je vois bien qu'il faut vous le dire. Il y a, mon cher comte, eh bien ! il y a que le roi aime ma femme, et que le premier ministre le sert dans ses amours.
Impossible !
LE DUC, lui touchant l'épaule en pourtant.
Poète !