‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 20 sur 280 · MEDIANA, LE DUC · texte numérisé non relu

MEDIANA, LE DUC

LE DUC, touchant l'épaule de Mediana, qui a suivi des yeux la reine et qui demeure absorbé dans ses pensées.

Mediana, je ne sais si vous êtes comme moi ; mais je me défie d'un homme qui me fait du bien quand je ne lui connais pas d'intérêt positif à m'en faire.

Duc, le roi sait apprécier vos services et vous le prouve.

LE DUC

Poète ! Au reste, ce n'est pas le seul motif de ma défiance : avez-vous remarqué l'air rayonnant du duc d""" ce ministre inquisiteur? Un inquisiteur qui vous que ce soit gai pour les autres ?

Pourquoi mêler le comte-duc à vos affaires

LE DUC

Poète ! Et le roi, l'avez-vous jamais vu d'humeur si enjouée ?

Sans douh» il a fait bonne chasse.

LE DUC

Hein ! comment l'entendez-vous ?

Mais le plus naturellement du monde.

LE DUC

Et ce sourire d'Olivarès? Allons, comte, vous vous doutez pourquoi Olivarès souriait, n'est-ce pas ?

Vous plaisantez, duc, je ne m'en doule pas.

LE DUC

Voyons, franchement, est-ce par amitié pour moi que vous feignez d'ignorer tout ce qui se passe ?

Mais qu'y a-t-il donc ?

LE DUC

Allons, je vois bien qu'il faut vous le dire. Il y a, mon cher comte, eh bien ! il y a que le roi aime ma femme, et que le premier ministre le sert dans ses amours.

Impossible !

LE DUC, lui touchant l'épaule en pourtant.

Poète !

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