‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 201 sur 280 · SCENE III FLORINE, LA CHANOINESSE, MARIE · texte numérisé non relu

SCENE III FLORINE, LA CHANOINESSE, MARIE

LA CHANOINESSE

C'est vous, ma chère enfant, je vous croyais retirée depuis longtemps. Il est plus de neuf heures, ce me semble.

MARIE, contrainte.

Neuf heures! pas encore, madame, sans quoi... je ne serais pas ici.

LA CHANOINESSE

Comment, mon enfant ?

MARIE, avec une naïveté forcée.

Ne sais-je pas, madame, que passé cette heure-là vous vous livrez à des exercices de piété qu'on doit se faire scrupule de troubler.

LA CHANOINESSE

C'est ma conscience, •Florine, qui prend la voix de cette enfant. (Haut.) Je suppose, Marie, que vous connaissez en partie les tristes événements qui se sont passés ici aujourdhui. Je serai bien aise d'avoir avec vous un entretien à ce sujet demain matin.

*Ces événements, madame, autant que j'en ai pu juger, v il

n'ont fait que confirmer vos leçons. Vous m'ayez appris que la perlidie est plus commune en ce monde que la loyauté, et j'ai eu occasion de le reconnaître, sans sortir d'ici.

LA CHANOINESSE, sévèrement.

Vous ne m'avez pas habitue'e, ma fille, à un langage si discret... Cette journée vous a fatiguée, et la pâleur de vos joues excuse le trouble si singulier où paraît être votre esprit... Vous avez besoin de repos... Allez, Marie; demain nous causerons.

Elle embrase Marie sur le front. Florine ouvre la porte de droite. RICHELIEU, dans la coulisse.

Je n'entrerai pas, vous dis-je, mon bonhomme, pour rien au monde, je n'entrerai.

11 parait avec Biaise au fond.

LES TROIS FEMMES, à demi-voix.

Monsieur de Richelieu!

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