‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 46 sur 280 · SCENE VII LA DUCHESSE, LA REINE · texte numérisé non relu

SCENE VII LA DUCHESSE, LA REINE

LA RËINË, à part.

Ah! je respire.

LA DUCHESSE

Qu'a voulu dire le roi, et que signifie cet air dont il m'a regardée en me parlant du duc d'Albuquerque?

LA REINE

Duchesse !

LA DUCHESSE

Madame !

LÀ REINE

Vous paraissez préoccupée.

LA DUCHESSE

Mais Votre Majesté elle-même est presque tremblante.

LA REINE

Voyons ) assieds-toi là. (eum s'asieyent à droite.) Ne depuis ton arrivée été constamment séparées par portuns. C'est à peine si j'ai eu le temps de te d si tu étais heureuse.

LA DUCHESSE

Autant que je pouvais l'être loin de vous, madame.

LÀ REINE

Duchesse, duchesse, tu me caches quelque chose, et je t'aime trop pour ne pas voir qu'il y a un secret entre nous deux.

LA DUCHESSE

Votre Majesté veut-elle se rappeler qu'elle-même est souvent triste et qu'elle m'a toujours refusé la confidence de cette tristesse ?

LA REINE

Si tu m'avais donné l'exemple de la franchise...

LA DUCHESSE

Prenez garde, madame, c'est avouer que vous aussi vous avez votre secret.

LA REINE

Aussi ? Ah ! duchesse, vous vous trahissez. Allons, un peu de confiance, ne me laisse point imaginer.

Si Votre Majesté imagine, elle me forcera de deviner.

LA REINE

Eh bien ! devine. Je suis curieuse de connaître les folies que ton imagination ira inventer.

LA DUCHESSE

Votre Majesté m'ordonne donc d'avouer ces folies?

LA REINE

Je t'en prie.

LA DUCHESSE

Eh bien ! j'ai souvent pensé, madame, que si j'étais sur un trône, je ne surprendrais pas sans un peu de bonheur, parmi les bruyantes adorations des courtisans, quelques hommages vrais et timides adressés moins à la reine qu'à

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