SCÈNE XIII
LA DUCHESSE, RIUBOS entrant par le fon.l, LE DUC.
RIUBOS.
Monsieur le duc ! Oh ! monsieur le duc !
LE DUC
Qu'y a-t-il donc, monsieur ftiubos ?
RIUBOS.
Monseigneur, le plus déplorable accident I le palais de votre Excellence est en feu.
LA DUCHESSE
Grand Dieu !
LE DUC
Eh bien ! eh bien ! madame ! nous voilà û
nous n'avons plus d'incertitude. Mon palais brûle, Riubos, et me direz-vous quel est le Jupiter qui nous a lancé ses foudres ?
Riubos indique la galerie du fond, où le roi se trouve. LA DUCHESSE.
Mais c'est impossible, duc !
Pourquoi donc, madame ? le roi et moi nous sommes les deux plus riches maisons d'Espagne, et nous pouvons nous permettre ce jeu-là. Allons, du calme, duchesse. (a Riubos.) Et l'aigle qui a porté les foudres de Jupiter?
RIUBOS, d'un air piteux.
Excellence... l'ordre du comte-duc...
LE DUC
Bien! bien ! l'aigle, c'est vous ! je m'en doutais. Capitaine, voici deux feuilles de vos tablettes. Oh ! rassurezvous, ce n'est pas pour le service que vous m'avez rendu, mais pour celui que vous allez me rendre ; vous connaissez la galerie de marbre, qui est séparée en deux par une vieille tapisserie représentant l'incendie de Troie ; vous allez brûler ces deux feuilles auprès de cette vieille tapisserie ; prenez garde d'y mettre le feu. (Riubos indique par ses
gestes qu'il comprend et que cela est terrible. Il part enfin arec la résignation
du désespoir et sort par la gauche.) Oui, c'est cela, dans la galerie de marbre, beaucoup de flamme et aucun danger, c'est ce qu'il me faut.