‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 8 sur 280 · SCENE VI MEDÏANA, OLIVARÈS, D'ALBUQUERQUE, en dehor · texte numérisé non relu

SCENE VI MEDÏANA, OLIVARÈS, D'ALBUQUERQUE, en dehor

LE DUC

Messieurs, je vous serais infiniment obligé de ne pas me toucher.

C'est la voix du duc.

En effet, je crois qu'on nous l'amène.

LE DUC, au fond

Monsieur le garde, présentez, je vous prie, mes compliments au capitaine Riubos ; dites lui que je crains de l'avoir provoqué un peu à la légère, et que, s'il ne meurt pas de sa blessure, je lui ferai réparation de cette légèreté en quelque lieu plus propice. Maintenant, vous avez ma parole, je ne quitterai pas cette chambre. Allez. (Entrant.) Ah! bonjour, Mediana. (D'un ton moin» amical.) Bonjour, comteduc. C'est vous qui m'avez fait arrêter, je présume ?

OLIVARÈS

Par ordre de la reine, monsieur.

LE DUC

Et combien de temps dois-je garder les arrêts dans cette salle ?

OLIVARES.

Jusqu'au retour du roi.

LE DUC

Lequel reviendra de la chasse...?

Selon son habitude, vers deux heures.

LE DUC, ^'asseyant à gauche.

Merci, Excellence.

OLIVARES, s*approchant de lui.

Monsieur le duc, voulez-vous me permettre de m'étonner, tout haut et devant vous, d'une chose dont je m'étonnais tout bas en votre absence ? c'est qu'un homme de votre mérite militaire se croie obligé de tirer à tous moments l'épée pour de minces propos.

LE DUC

Et moi, je m'étonne d'une chose, monsieur, c'est que vous n'avez pas remarqué que je ne me bats jamais sans être réduit à cette extrémité par de sérieuses provocations.

H se levé.

OLIVARES.

Oh ! duc, vous oubliez votre duel avec le comte Da Sylva.

LE DUC

Je vois que Votre Excellence n'en connaît point l'histoire. Monsieur Da Sylva m'avait traité de la façon la plus outrageante : il le reconnaissait lui-même, puisque nous étions convenus de nous battre chaque année au printemps.

OLIVARES.

Voici une étrange convention 1

LE DUC

Vous le voyez bien; tout semble étrange à qui ne connaît pas les causes. La querelle était venue à propos d'un arbre

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