‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 135 sur 305 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les Précédents, JE ANNICK dans la fouie, MADELEINE. TINA, ANNE, GENEVIÈVE, Paysans et Paysannes, puis LA COMTESSE, LE COMTE, et- les Ouvriers de

L'USINE, conduits par PI G OIS. Le jour s'est levé peu à peu. Le soleil fcut étinceler le vitrage de l'atelier.

MADELEINE, accourant avec Jeannick.

Ah! mademoiselle, je puis vous le dire aujourd'hui de meilleur cœur que l'autre fois... Joie et bonheur sur vous et sur votre maison!

LE COMTE, perçant la foulo.

Par ici, ma mère, la voici!...

LA COMTESSE, suivie du vicomte, à Blanche.

Ma cousine, je suis sincèrement ravie de vous revoir parmi nous. — J'aurais ne'anmoins bien des choses à objecter... Mais je m'incline devant les desseins de la Providence, même quand je n'ai pas l'avantage de les comprendre... OÙ est-il? (Blanche lui montre Georges.) Allons, il n'est

point vilain cavalier, c'est quelque chose.

GEORGES, h Pigoli qui se tient à l'écart

Allons! approche donc!...

Pigois e^t à la tête des ouvrier? de l'usine qui Inondent 1 atelier. Presque lou= portent des Heurs et des feuillage- cueillis h la hâte. Une partie va se srrouper sur les échelles, les échafaudages, les charpentes, nomme de= matelots suspendus dans les agrès d'un navire.

PIGOIS, tenint un houquet et s approchant de Blanche avec un embarras

ému.

Mademoiselle Blanche, c'est moi, Pigois, le plus ancien contremaître de l'usine, qui viens, au nom de tous mes camarades, vous dire que vous êtes la bienvenue au milieu de nous, mademoiselle... car nous savons aimer ce qui est beau... honnête et bon comme vous... Et puisque les danses et les chansons vous plaisent, eh bien! on chantera et on dansera... Et puisque vous aimez les fleurs, mademoiselle, en voilà !

11 lui offre son houquet.

BLANCHE, prenant le bouquet et d'une voix très émue.

Mon ami, je suis bien touchée... Prenez ma main.

Elle lui tend sa main.

PIGOIS, n'osant la prendre et regardant Georges pendant que tous les ouvriers observent cette scène avec une ardent-' curiosité

Prends-la donc, puisqu'elle te l'offre !

PIGOIS.

Sa main... à moi!... (il saisit la main de Blanche et crie avee émotion.) Vive mademoiselle Blanche I

Tous les ouvriers répètent le viv.it avec entraînement, et jettent des fleurs aux pieds de la jeune fille.

GEORGES, avec âme.

Oui, mes amis... remerciez-la bien... Saluez avec fierté, avec amour, celle qui vous donne sa main pour effacer entre le passé et le présent toute haine, toute rancune, toute

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