‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 211 sur 305 · AT. TE PREMIER · texte numérisé non relu

AT. TE PREMIER

Entends-tu cela, Marthe? il fait marcher les prime donne à présent... Ah çà! comment t'y prends-tu, jeune homme? car cela ne passe pas généralement pour une petite affaire... Quant à moi, lorsque j'essayai, dans mon temps, de me lancer au théâtre, je ne pus jamais me rompre aux façons de ces créatures-là. — Quand j'en rencontrais une dans un couloir, — tu sais que les théâtres sont pleins de couloirs, — je me collais contre les murailles comme une planche !... Ah! les gaillardes! elles me faisaient une peur horrible!

Ce qui me fait une peur horrible, à moi, cher maître, c'est vous... car, en vérité, c'est votre jugement que je redoute bien plus que celui du public. Pourquoi n'avez-vous pas voulu entendre seulement une répétition?

Mon ami,. j'ai tenu à pouvoir affirmer hardiment que je ne connaissais pas une seule note de ton opéra; de cette façon, du moins, personne n'aura le droit d'associer mon nom au tien, et de dire : Sertorius par ici, Sertorius par là, ce qui aurait pu te blesser et entamer ta couronne.

ROSWEIN.

Ma couronne! Ah! que Dieu vous entende! car si je tombe ce soir, je suis un homme mort!

Il regarde Marthe.

SERTORIUS

Allons! André, point de cela! point de faiblesse, mon enfant! Que diable! on ne meurt pas d'une chute! j'en suis la preuve... C'est moi qui ai eu une chute, mon ami... tu n'en auras jamais une pareille!... je t'en défie... Tu sais... c'était à mon premier et dernier concert, à Vienne... La cour était là, — j'avais aussi la cour, moi ; — eh bien ! mon infernale timidité nerveuse me paralysa si bien que je ne pus tirer un son de mon instrument... Je restai là... pétri-

ii-:... comme la femme de Lothl... Ce fut une huée!... un idale atroce!... On m'emporta évanoui 1..,

MARTHE, se levant.

Est-ce pour le rassurer, mon père, que vous lui contez

SERTORIUS

s doute, ('■ si pour l'aguerrir! Allons! allons! (n ie secoue) coraggioL.. Et à quelle heure coin -on?

ROSWEIN.

A neuf heures... vous avez encore une heure e1 d unie .. -. pendant que j'y songe, voici votre loge... il y aune plac^ pour Gertrude.

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