‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 233 sur 305 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LADY WILS0N.

Oh ! on est transporté clans les nuages, n'est-ce pas, chère princesse ?

DE SORA

C'est un de'but à la Rossini, simplement... Vous savez, princesse, que le poème est, comme la musique, l'œuvre du jeune maestro ?

LEONORA

On le dit... C'est prodigieux !... Asseyez-vous donc, marquis.

giulia *.

Mon Dieu ! c'est très beau, si on veut, cette musique, mais c'est trop savant pour moi.

KALISCH, appuyé sur le fauteuil de Giulia.

Et. pour moi également... Pouh !

Oh ! vous, prince Kalisch, je vous soupçonne d'apprécier principalement, en fait de musique, le son martial du tambour... Ah, mon Dieu ! vous voilà rouge comme une fraise des Alpes, chère marquise... vous n'êtes pas indispose'e ?

GIULIA, sèchement.

Non... Vous connaissez sans doute particulièrement l'auteur de ce charivari flamand, ma toute belle, pour le soutenir avec tant de chaleur ?

LEONORA

Je le connais si peu particulièrement, ma toute belle, que j'ai entendu ce soir son nom pour la première fois, et c'est de votre bouche.

DE SORA

Comment ! est-il possible que le chevalier Carnioli ne

* De Sora, lady Wilson, Leouora, Giulia, Kalisch.

vous ait jamais parle de ce Roswein ? c'est lui qui l'a cre'e', qui l'a invente !

LEONORA

Je n'y conçois rien, jamais il ne m'en a dit un mot.

GIULIAj avec aigreur.

Ah ! c'est étrange... vous le voyez pourtant assez souvent le chevalier, chère belle... Il faut croire qu'il avait à vous entretenir de quelque objet plus intéressant.

Il faut le croire, ma mignonne... Ah çà, dites-moi, prince Kalisch, est-il vrai que vous ayez eu dans le Caucase les deux oreilles emporte'es par un seul et même boulet de canon?... C'est un coup de feu bien bizarre, mais qui m'expliquerait jusqu'à un certain point votre ,^roùt musical.

De Sora et lady Wilson rient.

GIULIA, bas.

Ne re'pondez pas.

RALISCH, solennel.

Princesse, cette histoire n'a aucun fondement... je...

GIULIA, bas.

Mais uc re'pondez donc pas !

LEONORA

Ah ! ce n'est pas vrai, alors ?

RALISCH.

Mais non, princesse, je vous le jure sur mon honneur.

LEONORA

Ah ! si VOUS me le jurez... (Giulia se lève, avec un mouvement <le

iiépit marqué.) Comment, Giulia, est-ce que vous nous quittez ?...

GIULIA

Oui, cette musique batave m'est insupportable... un acte

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