ACTE DEUXIÈME
LE ON OR A, Rasseyant à gauche.
Non.
CARXIOLI.
Voulez-vous que je vous dise ce que vous voulez?
LEONORA
Dites.
CARXIOLI.
Vous voulez voir le signor Andréa Roswein.
L E 0 X 0 R A , froidement.
Vous êtes un insolent, Carnioli, mais cela m'est égal. Je me soucie de vous, mon ami, et du monde entier, comme d"une pièce de cinq francs.
CARXIOLI.
Il va venir, allez, un peu de patience.
LEOXORA, tranquille.
S'il avait cette incroyable effronterie, osez-vous me dire en face que je le recevrais?
CARXIOLI.
Permettez, princesse, vous le recevriez mal... vous le passeriez au laminoir de vos me'pris... mais vous vous en donneriez l'e'motion : on n'a pas tous les jours un poète à se mettre sous la dent.
LEOXORA.
Dites tout de suite que je lui ai jeté mon mouchoir volontairement!
CARXIOLI.
Je ne dis pas cela.
LEOXORA, se dressant tout à coup .
Vous le pensez! Est-ce que je ne vois pas clairement que vous le pensez? Je lis dans votre cœur, allez, Carnioli!...
* Carnioli, Leonora.
Ali! vous croyez que j'ai été dupe des manœuvres odieuses dont vous m'avez circonvenue toute la soirée ! Vous croyez avoir atteint votre but; vous en êtes bien loin, mon ami. Ah! certes, j'en suis fâchée pour ce jeune homme, qui est bien innocent de tout ceci; mais s'il vient, malheur à lui! Je le ferai souffleter... là, sous vos yeux, par un valet.