ACTE TROISIEME 3o
ROSWEIN, repoussant violemment Marielta :
Ote-toi!
Il re?te un moment hors «le scène.
CARNIOLI.
ft'est-ce pas, Marietta, elle n'y est pas?
MARIETTA, descendant la scène et gagnant la droite.
Je ne sais pas.
ROSWEIN, rentrant une lettre à la main. Avec un rire contraint.
Eh bien, vous aviez raison, Carnioli, c'est vrai !
CARNIOLI.
Pardieu!... Mais pourquoi ris-tu? Voyons! du calme!
ROSWEIN
Mais je suis très calme, je ris parce que cela est plaisant... à force d'être infâme... Vous ne l'avez pas vue, vous, tout à l'heure... là... à deux genoux... couvrant mes mains de larmes et de caresses... Ah! c'est une fière comédienne, allez !... Et puis cette lettre qu'elle m'a laissée, Un Chef-d'œuvre ! VOUS allez VOir... (A Marietta qui veut se
retirer, a une voix terrible.) Reste ici, toi, maudite !... Tenez, écoutez ! (11 lit la lettre.) « Mon cher maestro, je quitte quand il me plaît, mais on ne me quitte pas !... »
CARNIOLI.
Ah ! c'est bien cela !
ROSWEI X .
Oui, C'est bien Cela! n'est-ce pas? (Allant tout à coup à Marietta et lui saisissant le bras, il lui dit d'une voix sourde.)* EcOllte, toi,
et réponds une fois dans ta vie avec vérité, ou tu payeras pour tous!... Elle est partie avec ce chanteur, n'est-ce pas?
MARIETTA, à Carnioli.
Excellence !... Au secours... il me fait peur!
* Carnioli, Marietta, Roswein.
Eh bien, réponds !
MARI BTTA.
Avec le chanteur, oui.
ROSWEIN.
Où vont-ils ?... quelle route ont-ils prise ? réponds!
MARIETTA
La route de Gaëte.
ROSWEIN.
De Gaëte, c'est bien !... Carnioti, vous avez des chevaux là n'est-ce pas?... Oui... c'ot l»ien !... Je connais un chemin qu'elle n'a pu suivre en voiture... nous allons le prendre, nous serons avant eux aux Thermes de ÏS'éron...
il faut qu'ils y passent... nous les attendrons !... (n pren.i ries
pistolets; à Marietta.) À Gaëte, n'est-Ce pas ?
J 11 lui jette sa bourse.
CARNIOLI.
Des armes! mais que veux-tu donc faire, André'?
ROSWEIN.
Vous verrez bien, pardieu !
CARNIOLI.
Et Marthe... Marthe... tu l'oublies donc?
Mais pas <lu tout.. .je ne l'oublie pas... nous la verrons...
nOUS iroUSl Il chancelle comme pria de vertige; se frappant la poitrine.)
Allons ! lâche cœur ! va donc jusqu'au bout!
CARNIOLI.
On veux-tu aller, malheureux ! tu ne peux pas te soute-