‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 52 sur 305 · B LAN GB · texte numérisé non relu

B LAN GB

Mon ami !

LE MARQUIS se lèTe.

Ma sœur, quand vous m'avez abandonne' votre fortune et sacrifie' votre avenir, vous avez dû penser qu'en renonçant à toutes les joies do la vie, vous n'en connaîtriez pas du moins les douleurs... el que je serais là pour les écarter de votre tête chérie... C'était mon devoir, en effet... Mais, bien que je l'aie compris du fond de mon cœur... je n'ai pas su le remplir. Veuillez me pardonner !

BLANCHE

Mon frère ! Au nom du ciel !...

LE MARQUIS

Mon enfant... en doux mots... pour soutenir le rang de

* Blanche, le marquis.

64 I. A BELLE Al BOIS DORMANT

notre maison, pour conserver dans c<- pays nos habitudes héréditaires de patronage, de charité et de bon exemple, j'ai oublie tout calcul et toute prudence... je n'ai pas mesuré mes dépenses à mes ressources... J'ai été trompé d'ailleurs indignement par un agent infidèle. f. Que vous dirai-je, ma pauvre enfant? la ruine es1 venue!

KL \.Ni:!IL\

La ruine !... Oh! Dieu ! mais je comprends ee que votre délicatesse m'épargne... c'esl moi... c'est voire complaisance inépuisable pour mes goûts... mes caprices, mos folies, qui vous ont perdu... Malheureuse !... El c'esl vous qui me demandez pardon !

Kilo ao jette dans les bras du marquis. LE MARQUIS.

Oh! ne t'accuse pas, va!... Tout ce que j'ai eu de bonheur en ce monde, c'esl celui que j'ai pu te donner!... "f maintenant, aie du courage si tu veux que j'en aie! (manche ieiève la tête.) Blanche, il faut queje vende aujourd'hui même cette terre... ces bois... tout...

i; LAN en E , douloureusement.

Cette maison... aussi"?

LE MARQUIS

Peut-être. Écoutez-moi bien, mon enfant... C'esl notre voisin, M. Georges Morel, qui va devenir possesseur de co domaine.

BLANCHE, virement, à demi-roLx.

Lui?

LE MARQUIS

l'ai compris que votre plus amer chagrin sérail de quitter ce château où sonl tous \<>> chers souvenirs. Ce qui nous reste nous suffirait pour y vivre... M. Morel veut bien nous le laisser, mais à une condition, c'esl que j»1 m'associerai à ^«>n industrie et, cela s'entend, à <<■< opinions.

Page 1