AC \'E PREMIER
, jamais... Quand "ii esl sage, c'est pour qu'on le croie : si on ne le croil pas... à quoi bon?
I LORÎH É .
De grâce, monseigneur...
RICHELIEU
Ecoute... je veux faire encore plus pour toi... mais j'espère qu'après cela nous réglerons, lie?... Je veux te donner quelque chose qui s»- porte beaucoup à l'Opéra cette année.
FLORINE
Quoi donc?
RICHELIEU
Un mari... Oui, je veux (»- faire épouser trois cent mille livres de revenu.
Qui s'appellent ?
RICHELIEU
Trois cent mille livres de revenu! cela s'appelle comme cela peut!... est-ce qu'on s'en informe?... Cela s'appelle, par exemple, M. Château d'Asnières.
M. Château? Qui est-ce?
RICHELIEU
Oh ! rien... un bourgeois que j'ai, un de nos riches financiers... Gomment ne connais-tu pas mon admirateur fanatique? Eh mais! cela fait la fable de la cour.. lui qui fait brûler, nuit et jour, je ne sais quoi devant ma statue qu'il a chez lui... C'est une manie... il me joue de petites niches galantes... comme de payer mes dette- à La sourdine... cela le ravit et moi aussi. En retour, je lui permets de me contempler un moment tous les jours... Je m'étonne qu'il ne soit pas ici... Comme il n'a rien, le
cher homme, qui ne soit à moi... tu comprends que... Enfin, je veux que tu sois sa femme!
FLORIXE.
Monseigneur... je n'ai pas le loisir de m'occuper de mes affaires en ce moment... je...
RICHELIEU, l'interrompant.
Tu seras sa femme, te dis-je... Madame Château, parbleu! Vous ne vous êtes pas encore vus, il est vrai... mais il m'aime... toi, tu m'aimes aussi... c'est un mariage d'inclination.
FLORIXE.
Mais, monseigneur, je ne vous aime pas.
RICHELIEU
Allons! allons! et à qui diantre, en ce cas, en veulent les visites dont tu m'honores deux ou trois fois la semaine? Tu m'aimes, te dis-je, et puisque tu m'aimes, à quoi bon te... brider comme tu fais?
FLORIXE, riant.
Monseigneur, je ne me bride point.
RICHELIEU
Tu te brides!... ne voilà-t-il pas qu'elle s'en défend comme d'un meurtre?
FLORIXE.
Monseigneur... une fois pour toutes... je vous de'clare que je vous aime de tout mon cœur et avec tout le respect possible... mais jamais je ne vous aimerai... ni plus... ni autrement... (Appuyant.) Je ne le veux ni ne le puis... maintenant...
Mais cela n'est pas naturel! il y a là-dessous un mystère.