ACTE PREMIER
F RO NSAG.
Mon père, après une offense publique, .j*1 manquerais à ce que je me dois...
Vous me refusez?... Mon pauvre René, tu iras donc à la Bastille... Eh bien! cela te mettra de pair avec nous autres... tu y trouveras, d'ailleurs, galante compagnie, de grands noms... parbleu ! messieurs de Guiche, de Grillon... de Fronsac !
PRONSAC
Moi... mon père!
RICHELIEU
Sans doute, ?ous! (Riant) Fronsac, vous demanderez ma chambre!
FRONSAC
Mais pour quelle faute?... Qu'y m'y enverra'?
RICHELIEU, sérieux.
Moi... Pour quelle faute?... pour avoir manqué à voire nom... au mien, monsieur. Cette dame qui sort d'ici est celle que vous avez insultée celte nuit. Elle venait me demander justice... (.Mouvement <ie Fronsa.-.) Pas un mot... Vous L'avez suivie au sortir du bal, vous avez voulu lui arracher son masque... et c'est en la défendant contre vos gentil- 3 que René vous a offensé... Vous irez avec lui à la Bastille... ou il n'ira pas, choisissez.
FRONSAC, riant de mauvaise
Ma foi, mon père, réflexion faite, la Bastille ne me revient point. Nous sommes brouillés, elle et moi, depuis que j'y ai passé une nuit dans la compagnie d'un notaire.
RICHELIEU
René', remerciez M. de Fronsac.
Fronsac reçoit avec hauteur le salut de René. V. 14.
RICHELIEU, à Fronsac.
Et vous, monsieur, remerciez René'. (Fronsae, dépité, s'inciino légèrement) Maintenant, voilà Florine qui va nous dire à
M. Château et à moi... (M. Château fait un geste de confusion.) je
veux dire à moi et à M. Château...
FLORINS
Quoi! monsieur le maréchal?
RICHELIEU
Tu vas me dire, ma charmante, le nom, la demeure et la condition de l'inconnue voilée.
Je ne la connais pas. Votre servante, monseigneur.
Elle sort par le fond.