RI CU ELI EU
C'est celai c'esl la nièce de M. Château.
CHATEAU
Si je 1'- croyais!...
RICHELIEU
lion! bon! quand elle serait un peu gaillarde comme son oncle... Au reste, vous devez vous tromper, monsieur Château... car cette maison, cette thébaïde, dont parle M. de Fronsac, n'est ni un couvent ni un pensionnat... elle serl simplement de retraite à une femme de beaucoup de vertu et d'esprit... à ce qu'on dit... car la cour en parle... sans l'avoir jamais vue... quoiqu'elle passe pour être l'amie particulière de Mesdan
CHATEAU
Justement... C'est madame la chanoinesse de fteuilly, monseigneur.
RICHELIEU
Eh bien, est-ce que c'est votre nièce, cette chanoinesse?
CHATEAU
Non, monseigneur... mais ma nièce demeure avec elle.
RICHELIEU
Mais ce n'est pas possible, Château, vous vous trompez de porte. Je sais parfaitement à quoi m'en tenir... Mon oncle, monsieur le cardinal de Noailles, qui demeure à côte', est le directeur de cette e'difiante personne... 11 me disait encore hier qu'elle vivait dans une solitude absolue entre ses livres et son jardin. Le roi lui a offert en vain la surintendance de la maison de Saint-Cyr. Elle a dit qu'elle n'avait pas trop de tout son temps pour travailler à son propre salut. Eh bien, il paraît qu'elle n'y travaille que lejour à son salut... et que, la nuit venue, elle débâtit.
CHATEAU
J'ai l'honneur de répéter à monsieur le maréchal que c'est elle-même qui fait l'éducation de ma nièce.
RICHELIEU
Impossible, encore une fois... Expliquez-vous?
CHATEAU
Il y a un an, je reçus la visite de cette dame, dont la beauté m'éblouit d'abord.
RICHELIEU
Ah! elle est belle?
CHATEAU
Un port de déesse, monseigneur.
RICHELIEU
Je gage que vous lui fîtes un méchant parti, monsieur Château?
CHATEAU
Je n'en eus même pas la pensée, monsieur le maréchal, tant elle m'inspira de respect.
RICHELIEU
Et elle vous demanda votre nièce?