‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 188 sur 285 · SCENE VIII RICHELIEU seul, pau MARIE · texte numérisé non relu

SCENE VIII RICHELIEU seul, pau MARIE

RICHELIEU

La chanoinesse est encore chez le cardinal, cela nous donne on peu de temps. Au reste, je ne sors plus d'ici que maître de son secret. La complication de la nièce à Château achève de m'intriguer sur le compte de cette sournoise chanoinesse; il faut qu'il y ait au fond de tout cela quelque étrange mystère d'amour ou de haine. La chanoinesse doil être un démon ou un ange : si c'est un de'mon, je lâcherai de lui couper les griffes; si c'est un ange, eh bien, on essayera de lui couper les ailes... Il s'agil d'abord de savoir si c'est elle qui va au bal, ou bien si c'est la petite nièce. La vieille a emporté la clef du pavillon, c'est que l'enfant est là; il faut que je lui parle.... (u frappe à la porte avec

sa canne.) Ri eil !... (il frappe une seconde fois.) Rieil! ma foi ! CasSOIlS 1»'S Vitres' (il monte sur uno chaise <lu jardin et casse une vitre d'un coup de canne. On entend un cri. Marie entrouvre la fenêtre tout doucement.; La

voici qui se hasarde; mais elle est charmante!

MARIE, après avoir regardé Richelieu, pousse un second cri, pais elle s'avance ^ur le balcon avec curiosité.

Tiens] tiens!... c'est singulier...

RICHELIEU

Pardon, mademoiselle, je vous ai un peu effrayée...

MARIE

Oui, un peu d'abord; j'ai cru que c'était des voleurs, mais je suis toute rassurée,

RICHELIEU

Si elle me connaissait, elle le serait moins.

MARIE

Bonjour, monsieur de Richelieu.

RICHELIEU, stupéfait.

Gomment! est-ce qu'elle est sorcière?

MARIE

Bonjour, monsieur le duc de Richelieu.

RICHELIEU

Bonjour, bonjour.,, mademoiselle Château.

MARIE

Marie de Vierzon, monseigneur.

La nièce de M. Château?

MARIE

Pour vous servir, monseigneur.

RICHELIEU

Et par quel précieux miracle, ma belle enfant, ai-je l'honneur d'être connu de vous?

MARIE

Et par quel précieux miracle, monsieur le duc, ai-je l'honneur de vous voir ici?

RICHELIEU

Elle m'interroge! Nous sommes bien loin l'un de l'autre, mademoiselle, pour échanger des contidences.

MARIE

Eh bien, rapprochons-nous I

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