SCENE VIII RICHELIEU seul, pau MARIE
RICHELIEU
La chanoinesse est encore chez le cardinal, cela nous donne on peu de temps. Au reste, je ne sors plus d'ici que maître de son secret. La complication de la nièce à Château achève de m'intriguer sur le compte de cette sournoise chanoinesse; il faut qu'il y ait au fond de tout cela quelque étrange mystère d'amour ou de haine. La chanoinesse doil être un démon ou un ange : si c'est un de'mon, je lâcherai de lui couper les griffes; si c'est un ange, eh bien, on essayera de lui couper les ailes... Il s'agil d'abord de savoir si c'est elle qui va au bal, ou bien si c'est la petite nièce. La vieille a emporté la clef du pavillon, c'est que l'enfant est là; il faut que je lui parle.... (u frappe à la porte avec
sa canne.) Ri eil !... (il frappe une seconde fois.) Rieil! ma foi ! CasSOIlS 1»'S Vitres' (il monte sur uno chaise <lu jardin et casse une vitre d'un coup de canne. On entend un cri. Marie entrouvre la fenêtre tout doucement.; La
voici qui se hasarde; mais elle est charmante!
MARIE, après avoir regardé Richelieu, pousse un second cri, pais elle s'avance ^ur le balcon avec curiosité.
Tiens] tiens!... c'est singulier...
RICHELIEU
Pardon, mademoiselle, je vous ai un peu effrayée...
MARIE
Oui, un peu d'abord; j'ai cru que c'était des voleurs, mais je suis toute rassurée,
RICHELIEU
Si elle me connaissait, elle le serait moins.
MARIE
Bonjour, monsieur de Richelieu.
RICHELIEU, stupéfait.
Gomment! est-ce qu'elle est sorcière?
MARIE
Bonjour, monsieur le duc de Richelieu.
RICHELIEU
Bonjour, bonjour.,, mademoiselle Château.
MARIE
Marie de Vierzon, monseigneur.
La nièce de M. Château?
MARIE
Pour vous servir, monseigneur.
RICHELIEU
Et par quel précieux miracle, ma belle enfant, ai-je l'honneur d'être connu de vous?
MARIE
Et par quel précieux miracle, monsieur le duc, ai-je l'honneur de vous voir ici?
RICHELIEU
Elle m'interroge! Nous sommes bien loin l'un de l'autre, mademoiselle, pour échanger des contidences.
MARIE
Eh bien, rapprochons-nous I