ACTE TROISIEME
me perdre, ma pauvre Florine, me déshonorer. Ils m'ont vue au bal masque'... ils t'ont vue ici avec moi... Dieu sait toui ce qu'ils dironl demain : Madame la chanoinesse de Reuilly, confidente de madame Louise, est l'amie intime d'une danseuse de l'Opéra; car ils ignorent quel lien sacré nous unit... N'ai-je pas moi-même oublié ce lien, quand perdant l'esprit, à moitié folle, je quittai l'Italie et le laissai seule au couvent, pour venir en France sauver René.,- Si indigne que je sois de me rappeler les paroles de notre pauvre mère, ne crois pas que je les oublie... Le jour où tu vins au monde, ma mignonne, j*étâïs déjà une grande enfant... Antonia, me dit-elle, j'ai peur de ne pas vivre &8»ei pour remplir tous mes devoirs envers ta sœur... mais lu me remplaceras... tu seras son conseil, son amie, sa mère.
FLORINE
L.sf-ee que je n'aime pas... est-ce que je ne respecte pas madame la chanoinesse comme une mère?
LA CHANOINESSE
Oui, chère enfant; mais avec tout cela tu danses, tu danses à l'Opéra... et voilà pourquoi, je te le répète, ils vont me déshonorer.
FLORINE
L'un des trois, du moins, te respectera.
LA CHANOINESSE
Hélas ! celui même dont tu parles, j'ai lu dans le dernier regard qu'il m'a jeté une expression de doute, de mépris... Lui me mépriser! lui pour qui j'ai tout bravé, tout souffert! Oh! de toute- mes pensées c'est la plus cruelle.
l-LORINE.
Gelle-là au moins tu peux t'en défaire; il est là
LÀ CHAXOIXESSE.
Qui? grand Dieu!
FLORINS
Lui!
LA CHAXOINESSE.
René! Oh! je ne veux pas le voir, Florine, je ne veux
pas le voir.
FLORIXE, se dirigeant vers la porte de gauche.
En ce cas je l'appelle.
LA CHAXOIXESSE, se levant.
Oh! pas encore, de grâce, chère enfant... Mais il n'est pas là, n'est-ce pas? tu as voulu m'éprouver, savoir quelle impression me ferait cette nouvelle. Eh bien, elle m'a frappée au cœur; c'est la vérité, je l'aime... oui, je l'aime; mais c*est un amour si saint, que Dieu me punirait de ne pas le ressentir. Est-ce qu'il est là, vraiment?
FLORIXE.
Il est là, il veut te parler malgré toi, malgré moi, malgré ton jardinier. C'est un jeune homme effrayant.
LA CHAXOIXESSE.
N'est-ce pas qu'il est charmant, Florine?
FLORIXE.
Joli! joli! Imagine-toi que je lui ai prêté ma pelisse à ce guidon, il est frileux comme un chat... à cause de la rosée... Si tu l'avais entendu... 0 mademoiselle! vous êtes ma Providence... et il nie baisait les mains.
LA CHAXOIXESSE.
Il te baisait les mains... et pourquoi ?
FLORIXE.
Dame! est-ce que je le sais moi, cet enfant, peut-être