SCÈNE IX
HECTOR, seul, pais LANSM LNN.
HECTOR
Eh bien, au fond... c'est un bonhomme... je m'en accomoderai frè> bien... D'abord, je viendrai le voir très rarement... et quand je viendrai le voir, j'irai me promener... Voilà comme il faul le prendre ! Ah çà mais, dites-moi donc un peu, je me marie... Ce n'est pas une plaisanterie cette fois... 11 y a un notaire ! c'est un peu prompt... c'est un peu brusque... Mais tant mieux ! j'échappe aux fastidieux préliminaires de l'hymen... du premier coup de dent, j'entame la lune de miel! J'apporte dans l'esquif nuptial toute la nouveauté, toute la fraîcheur de mon amour!... C'est charmant! Je suis ravi!... Ce matin mêmej'ai pousse' l'audace jusqu'à lui faire remettre, par le facteur rural, un petit billet... de huit pages... sans ratures... où je lui peins mes sentiments avec une énergie extraordinaire... ça a dû lui coûter dix sous... mais je
ne les regrette pas. (itepuis quelques instants Lansmann e=t entré pour replacer un sabre dans la panoplie.) * Eli bien, Lansmann !
LANSMANN.
Monsieur !
HECTOR
Mon vieux brave, je te dirai que je vais épouser ta mai-
LANSMANN.
Laquelle, monsieur"?
* Lansmann, Hector.
HECTOR
Mais probablement celle qui est veuve... Voilà un louis. Dis-moi. tu ne sais rien de particulier sur madame Olympe Durand ?
LAN S M AN X
Non... et vous ?...
HECTOR
Tu es étonnant... Je t'interroge... je ne t'instruis pas ! Voyons... tu ne pourrais pas dire seulement si... elle ronfle ?
LAN S MANN
La nuit?
HECTOR
Parbleu !... -ans doute, la nuit.
Dame! elle peut ronfler... comme elle peut ne pas ronfler... vous savez... Il y en a qui ronflent et d'autre;, qui ne ronflent pa*
HECTOR, contenant sa eolère.
H— tu sûr de ça ?
LAXSMAXX.
Moi, par exemple, je ronfle comme un canon.
HECTOR
Et ça ne t'empêche pas de dormir?
LAXSMAXX.
Mai- non... puisque je ronfle en dormant... ça ne m'empêche pas de dormir...
HECTOR
Alors, comment sais-tu que tu ronfle- ?
LAXSMAXX. embarras
ai !