‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 4 sur 285 · SCENE III MEDIANA, LE COMTE-DUC D'OLIVARÈS · texte numérisé non relu

SCENE III MEDIANA, LE COMTE-DUC D'OLIVARÈS

OLIVARÈS

Vous êtes seul, comte ?

Oui, Excellence, comme vous voyez.

OLIVARÈS

Il m'avait semble' entendre parler dans cette salle.

C'est possible, monsieur. Il m'arrive souvent de parler haut dans la solitude ; c'est une faiblesse que l'on pardonne aux vieillards et aux poètes.

OLIVARKS, avec intention.

Et aux amoureux, comte.

M E D I A \ A , sènheinent.

Connue il plaira à Notre Excellence.

OLIVARÈS

Pardieu ! comte, il faut que je vous fasse une question.

C'est votre droit, monsieur le premier ministre.

OLIVARÈS

Vous avez parle' de poètes, et vous-même, tout ^rand

seigneur que vous êtes, vous ne de'daignez pas de faire des i

MEDIANA

Je ne fais que suivre l'exemple que nous donne le roi Philippe IV.

OLIVARÈS

Eh bien ! comte, il court contre moi certaine satire que mes ennemis froment bonne, attendu que j'y suis fort maltraite' ; Favez-vous lue par hasard?

MEDIANA

Non, comte.

OLIVARÈS

Qui donc fait des vers à la cour, après le roi Philippe IV et vous ?

MEDIANA

Personne, que je sache.

OLIVARÈS

Signez-vous tous les vers que vous faites, comte ?

Tous.

OLIVARÈS

Mêmes les satires ?

MEDIANA

Même les satires. Seulement, je signe les vers ordinaires de mon nom de comte de Villa-Mediana, et les satires, de mon cachet habituel.

OLIVARÈS

Et ce cachet représente ?

MEDIANA

Une plume et une e'pe'e, avec le mot uti, s'en servir.

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