SCENE III MEDIANA, LE COMTE-DUC D'OLIVARÈS
OLIVARÈS
Vous êtes seul, comte ?
Oui, Excellence, comme vous voyez.
OLIVARÈS
Il m'avait semble' entendre parler dans cette salle.
C'est possible, monsieur. Il m'arrive souvent de parler haut dans la solitude ; c'est une faiblesse que l'on pardonne aux vieillards et aux poètes.
OLIVARKS, avec intention.
Et aux amoureux, comte.
M E D I A \ A , sènheinent.
Connue il plaira à Notre Excellence.
OLIVARÈS
Pardieu ! comte, il faut que je vous fasse une question.
C'est votre droit, monsieur le premier ministre.
OLIVARÈS
Vous avez parle' de poètes, et vous-même, tout ^rand
seigneur que vous êtes, vous ne de'daignez pas de faire des i
MEDIANA
Je ne fais que suivre l'exemple que nous donne le roi Philippe IV.
OLIVARÈS
Eh bien ! comte, il court contre moi certaine satire que mes ennemis froment bonne, attendu que j'y suis fort maltraite' ; Favez-vous lue par hasard?
MEDIANA
Non, comte.
OLIVARÈS
Qui donc fait des vers à la cour, après le roi Philippe IV et vous ?
MEDIANA
Personne, que je sache.
OLIVARÈS
Signez-vous tous les vers que vous faites, comte ?
Tous.
OLIVARÈS
Mêmes les satires ?
MEDIANA
Même les satires. Seulement, je signe les vers ordinaires de mon nom de comte de Villa-Mediana, et les satires, de mon cachet habituel.
OLIVARÈS
Et ce cachet représente ?
MEDIANA
Une plume et une e'pe'e, avec le mot uti, s'en servir.