ACTE QUATRIEME
RIUBOS.
C'est fait, monseigneur.
Arrêté?
RIUBOS.
A neuf heures pre'cises, comme vous me l'avez ordonné.
LE DUC
Bien. Vous a-t-il demandé qui le faisait arrêter?
RIUBOS.
Oui, monseigneur.
LE DUC
Et vous lui avez dit?
RIUBOS.
Que c'était Votre Excellence.
LE DUC
Bien. Où est-il ?
RIUBOS.
Chez lui, gardé à vue.
LE DUC
Bien. A-t-il résisté à vos hommes ?
RIUBOS.
Il les a bùtonnés.
LE DUC
Bien. Maintenant, cette femme que vous avez cru voir?
Que j'ai vue, monseigneur.
LE DUC
Que vous avez cru voir, je le répète.
RIUBOS.
Pardon, Excellence, je ne comprenais pas.
LE DUC
Eh bien! cette personne?
RIUBOS.
Sortait par cette porte qui donne sur la terrasse.
LE DUC
Et suivait cette galerie extérieure?
RIUBOS.
Oui, Excellence.
LE DUC
Et vous avez raconte' cette vision?
RIUBOS.
Au comte-duc, la croyant véritable, mon Dieu! oui.
LE DUC
Qui l'a raconte'e au roi. Je comprends maintenant pourquoi Sa Majesté' a préféré pour lire ma note la clarté de la lune à celle des bougies.
Monseigneur, il ne faut pas m'en vouloir ; j'ignorais en ce moment l'intérêt que prend Votre Excellence...
LE DUC
Vous en vouloir? comment donc, capitaine! au contraire, je suis on ne peut plus content de vous.
RIUBOS.
Ah! monseigneur!
LE DUC
Don Riubos, j'ai découvert dans vos tablettes quelques fragments de cette fameuse satire qui a été faite contre le comte-duc, et que l'on a attribuée à Mediana. Vous courtisez donc les muses en secret, don Riubos?
RIUBOS.
Non, monseigneur. Dans un moment où nous étions en