SCENE PREMIERE
BRIGITTE, filant à son rouet, près de la cheminée, ROSCHEN, assise à sa gauche, quelques femmes à sa droite, travaillant ; J L S T L S ,
lils de Bri-itte, a-<U dans làtre, sous le manteau de la cheminée.
BRIGITTE
Ah! c'est une effrayante histoire, mes petites, et je n'aime pas à la conter. Mon mari... pauvre homme, la contait souvent; mais il en e'tait malade toutes les fois, et c'est un souvenir qui a avance' sa fin.
I2i PALM A
ROSCH EN
Ah! contez-nous-la, dame Brigitte, contez-nous-la...
BRIGITTE
Oui... oui... ma petite Roschen, j'ai e'té comme toi dans mon temps : je voulais toujours entendre à la veille'e des histoires terribles... parce qu'alors on tremble... on a peur... et on se rapproche des jeunes garçons!...
P. OS Cil EX.
Oh! ce n'est pas pour cela, dame Brigitte... puisqu'il n'y a pas de garçons ici.
J USTUS, «le son coin.
Bon! Et moi donc, Roschen, pour quel animal me prenezvous, mademoiselle?
ROSCHEN
Vous, monsieur Justus !... Tenez, dame Brigitte, j'ai peur que ma mère ne veuille jamais de votre fils Justus pour gendre. Elle me disait encore hier qu'il passe sa journée à brusquer les voyageurs, et le soir à dormir sous la cheminée, comme un grillon; et c'est vrai.
JUSTES
Sûrement, c'est vrai... Le jour, je brusque les voyageurs, parce qu'ils m'ennuient, et le soir, je m'assieds sur l'âtre pour e'couter jaser les femmes, parce que cela m'amuse.
ROSCHEN
Quel bourru!
Vous me tourmentez... je réponds!
11 OS en EN.
Dormez... je ne vous parle pas! Quel temps! encore un éclair... il me semble que l'orage approche. E^t-ce que c'est vrai, daine Brigitte, qu'on voit toujours les e'clairs, même quand les volets sont fermés?