‹ Theatre complet. --Chapitre 189 sur 318 · TIR AN DEL · texte numérisé non relu

TIR AN DEL

Ah! je te reconnais là... vieil ami...

iv 15

CHEVRIAL.

Je ne m'en fis aucun scrupule, attendu que. pour moi, l'amour est un état de guerre... où, de part et d'autre, on a le droit de lutter par tous les moyens possibles.

VAD MARTIN.

Ver fas et nef as !

CHEVRIAL.

Per fas et nefas!... tu l'as dit, Vaumarlin ! et tu devais le dire ! mais, chose inouïe... il s'est trouve' qu'elle e'tait plus forte que moi.

LADBANÈRE.

Rosa ?

CHEVRIAL.

Parfaitement... Rosa... la Rose ! Par suite de mes mauvais conseils, à chaque liquidation je m'attendais à la voir complètement ruinée. Ce qui m'eût permis de lui venir délicatement en aide, sans me ruiner moi-même... Mais pas du tout... je m'apercevais avec stupeur que plus elle liquidait... plus elle arrondissait sa petite fortune... Alors, je me suis informé, et j'ai fini par comprendre... Au lieu de suivre mes conseils, elle en prenait le contre-pied, elle faisait le contraire de ce que je lui disais... Enfin, elle me roulait... je ne l'en estime que davantage !... Ce matin, de très bonne heure, elle vient chez moi, comme à l'ordinaire... je refuse d'être berné plus longtemps... je la démasque, je lui dis son fait... elle me rit au nez... puis une scène de reproches... des injures même... elle sait me prendre... Jamais je ne l'ai vue si belle... je sens qu'elle va m'échapper... alors, fatalement, le grand jeu, c'està-dire le petit hôtel, entre cour et jardin... avec tout ce qu'il faut pour écrire ! De sorte qu'en définitive, comme vous le voyez, je suis battu !

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