‹ Theatre complet. --Chapitre 270 sur 318 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

r.LOTi LD E .

Non, sérieusement, voyons?

CHAMILL \c.

Eh bien, madame, je me suis voué particulièremenl au soulagement et autanl que possible ;ï La réhabilitation des êtres tombés et dégradés: d'abord, parce que dans une spécialité aussi désagréable, j'étais sûr de trouver moins de concurrence...; ensuit.', parce que je suis un curieux, un dilettante... J'ai entendu dire autrefois à un philosophe optimiste, — il y en avait dans ce tempslà, — que, dans Tordre moral comme dans Tordre physique, les monstres étaient rares!... qu'il ne fallait jamais désespérer d'une créature humaine...; que les hommes avaient une tendance naturelle à mériter les sentiments qu'on leur témoigne... l'estime comme le mépris... J'ai voulu voir ce qui en e'tait... Mes expériences à cet égard ne vont pas assurément sans quelques mécomptes, sans quelques découragements... Au milieu de ces aines sombres dont je m'entoure, je suis un peu comme le chercheur d'or au fond de sa mine... 11 vit là, comme vous savez, dans la fange et les scories... ce n'est pas tirs gai... mais que sa pioche fasse jaillir tout à coup du minerai brut une parcelle d'or... il est payé de ses peines! il est heureux! Moi de même... ça me remet le cœur, ça me fait plaisir !

LES FEMMES, avec un peu <le froi.leur.

C'est fi.'.-, bien! c'est très honorable!

CLOÏILDE.

Oui, tout cela est certainement fort honorable... Mais vous avez beau dire, monsieur de Chamillac, je persiste à penser que nos pauvres sont plus intéressants que les vôtres !

cil IMILLAC.

Alors, madame, c'est que vous n'êtes pas une chrétienne bien orthodoxe!

37 i CHAMILLAC

CLOTILDE

Comment cela, je vous prie ?

CHAMILLAC.

N'est-il pas écrit qu'il y a plus de joie dans le ciel pour un pe'cheur qui se convertit que pour dix justes qui perse'vèrent ?

CLOTILDE

Eh bien, je vous avoue franchement que j'ai toujours trouvé cela assez injuste pour les justes!

LA BARTHERIE.

Mais il est grand temps d'ouvrir la se'ance!...

CLOTILDE

Parfaitement!... Mesdames, si vous voulez prendre place...

La Bartherie s'assoit sur le fauteuil présidentiel. LA BARONNE» =aris s'asseoir, continuant île causer.

Mais il y a le procès-verbal, d'abord!...

LA COMTESSE

La lecture du procès-verbal!

LA BARTHERIE.

En effet!... Monsieur Carville, notre cher secrétaire, voulez-vous avoir l'obligeance de nous lire le procès-verbal de notre dernière séance?

CARVILLE, lisant sur un ton monotone, assez distinctement d'abord, puis d'une voix sourde et inintelligible.

u Séance du 7 mars 1884... Présents... M. de La Bartherie, président; madame de La Bartherie, madame la comtesse de Vadres, madame la baronne d'Alipers, madame de Tryas... Carville, secrétaire... On commence par lire le procès-verbal de la précédente séance... »

La voix n'est plu* qu'un murmure qui se perd dans le bruit des conversations.

ACiTE DE EX IÈ ME ffl

CLO TILDE, .'t .[.•..im,'.

Ma chère Jeanne, le général arrive demain 8

Oui, ma tante, demain malin...

ci.i.tildi:.

Ah ! nous l'aurons à déjeune?, j'espère!

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