ACTE DEIX1ÈME 3T
eu \ M i v. i.i'i'i1.
Oh ! monsieur!
Il salue et >"U LA BARTHERIE, f.-uill.-t^nt ses papiers.
Mon bon Carville, appelez Lucien Gaillard. C'est un ouvrier des ports.
CAll VILLE, à la porte.
Lucien Gaillard !
Entre Gaill-irl.
LA, BARTHERIE.
Bonjour, Lucien Gaillard... Vous êtes un de nos assistés depuis quelques mois... Mais il nous est survenu des bruits fâcheux sur votre compte... S'ils se confirmaient, nous serions obligés de vous radier...
GAILLARD
Monsieur, je n'ai rien fait pour ça... et ce serait bien malheureux pour moi, avec quatre personnes à la maison...
LA BARTHERIE.
Voyons, Gaillard, répondez avec franchise... où passezvous vi. s soirées?
GAILLARD
Le plus souvent chez moi, monsieur... quelquefois chez des amis.
LA BARTHERIE.
Où avez-vous passe', en particulier, la soire'e du 3 fe'vrier, il y a aujourd'hui six semaines? Voyons, réfle'chissez avant de re'pondre, Gaillard.
GAILLARD
Il y a six semaines?... Ma foi, monsieur, je ne le sais pas.
380 CHAMILLAC
LA BARTHERIE.
Je vais vous le dire. Vous e'tiez à l'estaminet, et vous faisiez une partie de billard.
GAILLARD
C'est possible. Une fois par hasard, monsieur le pre'sident.
LA BARTHERIE.
Vous voyez! .. Et, comme les fautes s'enchaînent... en jouant au billard, vous buvez?
GAILLARD
Non, monsieur.
LA BARTHERIE.
Vous ne buvez jamais?
GAILLARD
Jamais, monsieur le président; franchement, ce serait drôle!
LA BARTHERIE.
Soyez se'rieux, Gaillard; de plus, nous avons entendu dire que vous fréquentiez quelquefois, quoique marie', des personnes le'gères.
GAILLARD, avec bonhomie.
Je l'ai entendu dire de vous aussi, monsieur le président , ainsi, vous voyez, ça ne prouve rien.
LA BARTHERIE.
Gaillard, sortez! Vous êtes radié!
GAILLARD
Monsieur le président !
LA BARTHERIE.
Vous êtes radie', vous dis-je... Sortez!
GAILLARD, entre ses dents.
Ah! misère!
Comme il va pour sortir, Chamillac l'appelle.