ACTE DEUXIÈME ^Sij
JEANNE, revenant à la porte du boudoir.
Oui, ara tante... Tout est prêt !
Elle rentre dans le boudoir et revient bientôt tenant une tasse dans chaque main.
CLOTILDE
Eh bien... qui est-ce qui vetil du thé... du chocolat?
Bile passé flans le boudoir avec Robert et Carville. .»E.\NNE, offrant une tasse a Chamillac qui la prend en saluant. Dll thé, monsieur ? (A La Barlherie, lui offrant l'autre tasse.) Du
thé, mou oncle ?
LA B ARTHERI E , prenant la tasse.
Merci, mon enfant !
Robert et Carville offrent du thé et de» gâteaux aux dames. LA BARONNE, à Robert.
Du chocolat, moi !
Robert rentre dans le boudoir et apporte une tasse de eboeolat à la baronne. Pendant ce mouvement entremêlé de conversations à demi-voix, Chamillac touche le bras de La Bartheiïe. et l'attire dans [e coin opposé à celui où les daines sont groupées. Pendant qu'elles causent et lient avec Robert et Carville, le dialogue suivant .-'échange à demi-voix entre Chamillac et La Bartherie, qui ont chacun une tasse à la main. CHAMILLAC.
Ne pensez-vous pas, après re'flexion, mon cher députe, que vous avez été un peu dur pour ce pauvre Gaillard ?... 11 vous a fait une réponse malséante, c'est vrai... mais il est malheureux et par conséquent aigri... et puis vous l'aviez un peu poussé... — Bref, je vous demande sa grâce !
LA BARTHERIE, gourmé.
J'ai le regret de vous la refuser, monsieur. Non seulement cet homme est un insolent! mais il est évidemment buveur et libertin... Impossible!
CHAMILLAC.
Eh ! mon Dieu ! quel est l'homme qui n'a pas de temps »'ii lemps ses défaillances... ses irrégularités?... Heureux
OSi CHAMILLAC
encore quand elles ne sont pas régulières ! Ainsi, tenez, je connais, moi, un homme réputé pour la sévérité de ses principes !... et le hasard de mes multiples relations m'a appris que tous les premiers mardis du mois... (.Mouvement de La Barthene ) dans une petite maison du boulevard de Clichy... ce vénérable personnage figure dans un souper de joyeux convives des deux sexes... sous un faux nom... et même sous de piquants travestissements... On assure qu'on l'y a vu habillé en coq !
LA BARTHERIE.
Serait-ce du chantage, monsieur?
CHAMILLAC.
Ça m'en a tout l'air... Mais pour le bon motif seulement...
Maintenant, VOUS permettez ! (il va ver? le fon.l. ouvre la porle el
appelle.) Lucien Gaillard !
Gaillard parait au fon«l.
CLOTILDE
Quoi ! qu'est-ce qu'il y a ?
L\ COMTESSE
Est-ce que la séance recommence?
CHAMILLAC
C'est notre président, mesdames, qui sur mon humble prière, veut bien pardonner à Gaillard... qui sera plus sage une autre fois.
LES FEMMES
Ah ! c'est bien ! tant mieux ! c'est très bien !
Elle? félicitent La Bartherie.
GAILLARD
Merci... merci bien ! Toutes mes excuses !
Il se retire.
LA BARTHERIE.
Charmé d'avoir pu être agréable à M. de Chamillac...
(L'attirant à son tour con6«lentieUement] VOUS êtes Ull valant homilK ,