ACTE DEUXIÈME Si
LOftD ASTLET.
Je voudrais bien que <•<> qui m'attend lui ce que j'espère... ce que j'implore !...
H LAN ci! E.
Franchement, ce n'esl pas vraisemblable... (mie -v
>oil
Mon Dieu! milord, oïl vous prête de grands mérites, un courage éprouve*, une loyauté chevaleresque... c'est très bien!... maïs êtes-vous sûr de jouir de toute voire raison?...
LORD ASTLET, avec un.> grâce ettartofee.
Non !
BLANCHE
Non!... je vous en ai ravi l'usage, n'est-ce pas?... Eh bim, vraiment, je le crois... depuis plus d'une année, si je D • m'abuse, vous avez bien voulu m'honorer de vos attentions... je ne serais pas femme si je n'en avais pas été flattée... mais enfin, je les ai accueillies comme je le devais... Pour les fuir peut-être... je me sauve à la campagne... je vous y trouve installe à ma porte... Ce témoignage de constance suivant vous, d'obstination suivant moi, n'obtenant pas de succès marque', que faites-vous? Vous croyez devoir recourir à quelque chose d'extraordinaire, d'héroïque!... Oh! c'est alors que votre Originalité se révèle dans tout son lustre... Pour éblouir, pour fasciner une imagination, que vous supposez poétique, vous lui offrez en perspective... quoi? Sans doute l'Italie, l'Orient, et leurs enchantements... non! vous êtes possesseur dans les brouillards de l'Ecosse, au milieu des montagnes et des forets sauvages, de je ne sais quelles ruines du temps de Lucie de Eammermoor, et c'est là... dans cette caverne du Nord», que vous offrez d'emmener... comment dirai-je... votre conquête? ou votre proie?... Eh bien, vraiment, c'est trop original, trop poétique pour moi... je vous assure!... Et. pour parler nettement, mi-
lord, j'ai voulu vous prier de cesser celte plaisanterie... elle m'offense!...
LORD ASTLEY
Madame, comment un homme qui ne demande rien, qui espère peu, et qui se donne tout entier, pourrait-il vous offenser?... Vous avez peine à comprendre, sans doute, la forme du dévouement que j'ose vous offrir... Mais c'est qu'il me semble que rien de vulgaire ne saurait vous toucher... vous l'êtes vous-même si peu! Eh bien, j'ai vu... j'ai cru voir qu'au milieu de ces hommages qui vous entourent, de ce brillant tourbillon où vous vous agitez... vous ressentiez je ne sais quelle lassitude pre'coce de la vie... j'ai rêve' pour vos ennuis, pour vos dégoûts, un asile, une retraite, loin des banalités de ce monde qui vous fatigue... dans ce petit royaume de roman qui est mon patrimoine... dans cette (caverne, comme vous dites, qui ressemble beaucoup à un palais... trop peu digne pourtant de celle qui y régnerait... Oui... je vous ai rêvée là, heureuse comme dans votre vraie patrie, avec votre charme... étrange et cruel... comme celui qu'on prête aux gracieux fantômes de nos légendes... Vous y régneriez seule... car je vous ai promis, et ma parole est sûre, de ne jamais vous y troubler même de ma présence... sans y être appelé par vous... ce serait jamais, si vous le vouliez... Le seul privilège que je réclamerais, serait celui de veiller autour de votre empire... et de protéger contre tous, fut-ce aux dépens de ma vie, le repos de la vôtre!
BLANCHE, riant.
Au fait... j'oubliais... j'oubliais de compter parmi les séductions que vous me présentez, l'attrait de dangers certains, de catastrophes probables... bref, de votre fin tragique, ou de la mienne... C'est délicieux!...
LORD ASTLEY
Nous iip sommes peureux ni l'un ni L'autre.