F R ON II X
Oh! monsieur le marquis, jamais pareilles velléite's n'efileurent seulement mon imagination!... A force de vivre avec monsieur le marquis, mes sentiments se sont tellement identifie's avec les siens que je ne puis jeter les yeux sur une femme sans les en de'tourner aussitôt avec une sorte d'horreur.
LE il A B Q DIS.
Eh bien! tant mieux, Frontin, tant mieux, va (n se lève et
fait quelques pas. puis s'arrête tout à coup devant le portrait de droite.) Comme
celui-ci est ressemblant, Frontin, comme ce sont bien ses traits !
Oh! tout à fait, tout à fait!
LF MARQUIS.
C'est une mauvaise peinture d'ailleurs; elle fut faite en province par un méchant artiste forain. Elle n'a qu'un mérite qui fait que je la garde, celui d'une étonnante fidélité.
Et la fidélité est un mérite dont monsieur le marquis est bon jui:e à tous les titres.
LE MARQUIS
Oh! ma fidélité, à moi, Frontin, est trop naturelle. Ce
n'est pas Un mérite... (s'arrètant devant l'autre portrait.) Celui-CÏ,
Frontin. est plus parfait sans doute comme œuvre d'art, c'est ce qu'on peut appeler une bonne toile... malheureusement la ressemblance n'y est pas au même degré... Mais d'ailleurs, Frontin, quelle expression! quel feu! quelle vie !
Ah! monsieur le marquis, il me semble toujours qu'il va parler!
LE MARQUIS
Tais-toi, Frontin, tais-toi!... tu retournes le poignard dans mon cœur! Tu devrais penser...
Durel parait au fond.