FRONT] X
Aon, monsieur le marquis, la suivante...
le MARQUIS.
Au diantre la suivante! Ah çà! Frontin, il me semble que tu t'occupes beaucoup de cette fille.
PRONTIN.
Moi, monsieur le marquis? mais je ne m'en occupe pas... monsieur le marquis m'en parle... je lui réponds, voilà tout.
LL MARQUIBi
Mais je ne t'en parle pas justement... drôle! Au reste laissons cela... Dis-moi, Frontin, puisque le hasard me force d'avoir compagnie à dîner, je crains que ma toilette ne soit, pour la circonstance, un peu négligée, un peu sévère. ÏTaurais-je pas quelque habit plus... moins?...
FRONTIN
Moins monotone?
Oui. Sans sortir des couleurs sombres, qui conviennent à ma situation, il serait bienséant, je crois, de modifier un peu mon costume.
Mais... monsieur le marquis a son habit gris de perle.
LE MARQUIS
Est-ce que c'est deuil, le gris de perle, Frontin?
FRONTIN
Assurément, monsieur le marquis.
LE MARQUIS
J'y vais réfléchir... car cela me répugne beaucoup... Ah! autre chose, Frontin. J*ai remarqué que le comte et la comtesse sont deux connaisseurs en peinture... Si j'avais prévu cela, je t'avoue que j'aurais fait enlever momentanément cette toile-ci. (n montre un des portraits.) Elle est bonne pour nous, qui y attachons un sentiment... mais pour des yeux étrangers, elle prête véritablement au ridicule.
FRONTIN
Je vais l'enlever, monsieur le marquis.
Il monte sur une chaise.
LE MARQUIS
Nous la remettrons.
FRONTIN
Oui, oui, certainement.
LE MARQUIS
Tu vas la déposer dans mes archives.
FRONTIN
Oui, monsieur le marquis, (a part.) Dans le grenier!
LE MARQUIS
Maintenant viens, Frontin... Allons changer d'habit.
i RONTIN.
Allons !
11 suit le marquis en chantonnant et en battant le tambour ,-ur le portrait iju'il tient Bons ton bras.
Même décor.