ACTE I, SCÈNE VI
IRÈNE
Je VOUS crois fort ; et je me sens forte.
MICHEL
Oui, vous me devinez incapable d'aucun vœu, d'aucun espoir qui contiendrait pour vous une parcelle d'ofTense. Mais vous ne songez pas aux angoisses abominables, indicibles qui peuvent souiller le sentiment le plus pur...
Je ne vous comprends pas.
MICHEL
Ici, je vois près de vous un homme dont les droits et le caprice disposent de vous !
IRÈNE, ijulinlanle de lionle.
Vous n'êtes pas généreux.
MICHEL, très douloureusement.
Je suis jaloux !
IRÈNE, Louleversre.
Ah ! taisez-vous I
MICHEL
Et vous comprenez bien qu'il n'y aura jamais
assez d'espace entre moi... et cet autre à qui vous appartenez.
{Un temps.)
IRÈNE
Vous m'avez fait sentir toute la place que vous avez dans mon cœur... Et je sais aussi que je ne peux être à vous. Je ne dois être à personne.
MICHEL
Oh ! mon amie ! Vous me jurez cela?
IRÈNE
Oui!... Aidez-moi... Restez pour me défendre: vous verrez toujours mes yeux se poser fidèlement sur les vôtres. A tout jamais, je me garde à moi.
MICHEL
Je vous bénis. Je vous vénère. Merci! Merci!
{Il hiitse respectueusement la main qu'elle lui a tendue.) IRÈNE.
Revenez bientôt : ce soir, mon àmc vient de renaître.
MICHEL
Vous aussi, vous avez renouvelé ma vie.
(Michel sort par le jardin d'hiver.)