‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 156 sur 209 · ACTE r, SCKNF. V · texte numérisé non relu

ACTE r, SCKNF. V

tère du mari ait été commis au domicile conjugal. Mais, depuis un certain nombre d'années, tous les adultères du sexe fort, commis n'importe où, ont été déclarés aussi bons que ceux du sexe faible.

LAURE

Puisque vous êtes le commissaire de police du quartier, la rue Salvator-Rosa est bien aussi de votre ressort?

LE COMMISSAIRE

Certainement.

LAURE

C'est là qu'est situé le lieu de rendez-vous habituel entre M. de Raguais et sa maîtresse. Moi, comtesse de Raguais, je requiers votre assistance au prochain jour, pour y venir constater le flagrant délit.

HENRIETTE

Laure !

KERBEL.

Ne brusquez rien.

LE COMMISSAIRE

Il faudrait d'abord que je fusse autorisé, après enquête, par le procureur de la République. Mais, avant toute chose, est-ce dans une résidence appartenant au comte de Raguais?

272 LA LOI DE l'homme

LAURE

Non.

LE COxMMISSAIRE.

Alors, je ne suis pas qualifié pour agir.

LAURE

Gomment?... Il n'y a pas de semaine où je ne lise dans le journal que le commissaire de police est intervenu en pareille matière, dans toute espèce d'endroits de rencontre ?

LE COMMISSAIRE

A la requête d'un mari, madame, pas d'une femme.

LAURE

Mais VOUS m'avez dit tout à l'heure... Asseyezvous, monsieur... Vous m'avez dit que l'adultère du mari avait, à présent, la même sanction que celui de la femme?

LE COMMISSAIRE

Pardon !... Quand ces messieurs ne voient leur maîtresse qu'au dehors, en visite, ça n'est pas un délit, ça n'est pas punissable par les tribunaux correctionnels, comme leur adultère au logis, ou comme toute espèce d'adultère des dames... Dès lors, ça ne nous regarde pas, mes collègues et moi. {Obligeamment.) Ah! si, au contraire, c'était en ce moment M. le comte qui me

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