ACTE III, SCÈNE I
RAGUAIS.
Si vous refusez les moyens d'e'tablir notre fille, je lui constituerai une rente sur mes revenus.
LAURE. avec une ironie de personne volée.
Vos revenus !
RAGUAIS.
Au surplus, réfléchissez sur ce que je viens de vous exposer.
LAURE
C'est tout réfléchi. Je vais m'en remettre à ma
fille.
Soit ! Consultez-la. Édifiez-vous sur l'état de son esprit... Mais si je vous la laisse encore quelques instants ici, c'est sur la promesse que vous ne lui direz pas un mot de ce qu'elle n'a jamais à connaître.
LAURE
Je sais ce que je lui dois, et ce que je me dois. A vous, je ne dois rien.
RAGUAIS.
Alors, je la reprends tout de suite.
LAURE, se mellani en travers de la porte.
Il faudrait que vous me l'arrachiez !
334 LA LOI DE l'homme
RAGUAIS.
Je subis la situation. Mais n'oubliez pas que le droit de guerre a ses limites.
{Il sort.)