ACTE III, SCENE IV
aussi dire la vérité, la première fois où, dans votre regard et dans votre sourire, vous m'avez laissé lire que vous m'accorderiez votre main... Ce moment-là, est-ce que vous vous en souvenez encore ?
ISABELLE
Ne me torturez pas î
ANDRÉ
C'était sur la terrasse de la villa de votre père, à la fin de la journée. Nous étions seuls, accoudés côte à côte. Nous regardions le soleil descendre dans la mer. Vous avez murmuré : « Comme c'est bon ce qui est beau ! » J'ai répondu oui, en vous contemplant. Vous avez baissé les yeux, comprenant que c'était vous qui étiez bonne d'être belle. Je pris votre main, votre petite main, que je sentis frémir dans la mienne, et vouloir y rester... (// veut lui prendre u
main.)
ISABELLE
Oh ! Laissez-moi ! Vous voyez bien que vous m'avez oté tout mon courage !
ANDRÉ
De cet instant bienheureux il ne survit plus rien î... Je n'ai plus que l'envie de mourir î...
ISABELLE, éperdue.
Oh!...
346 LA LOI DE l'homme
ANDRE
Je m'en irai, au loin, me faire casser la tête. Adieu !
ISABELLE
Attendez !... Ah ! c'est trop affreux !
ANDRÉ, revenant vers elle.
Dites-moi que vous serez ma femme, et nous sommes sauvés.
ISABELLE
Je ne peux pas!... Je ne peux pas !...
ANDRÉ
Alors, nous ne nous verrons plus ! [ii va s'éloigner.)
ISABELLE
Mon ami!... Mon cher André!... Eh bien! oui !
ANDRÉ, lui baisant les mains avec transport.
Ah ! soyez bénie !
ISABELLE
Sauvez-vous ! que je n'aie plus honte de moi os yeux !
[André se relire.)
SOUS vos yeux !