‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 202 sur 209 · ACTE III, SCÈNE VIII 3T · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII 3T

LAURE

Je n'ai rien à écouter de vous.

MADAME DORCIEU.

Je ne précède mon mari que de quelques instants : M. d'Orcieu s'est ému d'apprendre par notre fils, que vous étiez là, que vous n'ayez pas été avertie de nos projets, et que vous y soyez hostile. C'est pour traiter de tout cela qu'il vient.

LAURE

Je suis prête à le recevoir.

MADAME DORCIEU.

Que lui direz-vous?

La vérité.

RAGUAIS.

Vous ne ferez pas cela !

LAURE

Pourquoi pas? Je ne sais plus oii donner de la tête. Une occasion de salut s'offre à moi, vient me tenter, j'en profite. iMa conscience ne me fera pas de reproche.

RAGUAIS.

Vous vous calomniez : vous ne sauriez commettre cette action atroce 1

3F)2 LA LOI DE l'homme

LAURE

C'est vous deux qui m'y aurez contrainte... Si vous voulez que je me taise, renoncez à vos prétentions.

RAGUAIS, à M'-' d'Orcieu.

Madame, décidez.

MADAME D'ORCIEU, bouleversée.

Oh ! que me demandez-vous là ! Je ne puis sacrifier que moi, pas mon fils... (A Laure.) Ce qui est en mon pouvoir, entendez-le tel que je vous l'offre, dans une humilité profonde : je vous jure de n'être plus qu'une étrangère pour M. de

LAURE, ironiquement.

Gomme ça, tout bonnement, vous m'offrez de me le rendre !

MADAME D'ORCIEU, de toute son âme.

Je me déchire le cœur !... A cette heure mortelle, je détruis ma vie de femme :Jene suis plus qu'une mère. Vous comprenez bien que je n'ai pas la folie d'implorer votre pitié pour moi ; c'est pour mon fils, pour un être qui ne vous a rien fait, auquel ma faute, à moi, ne peut pas coûter son bonheur !

LAURE

M'épargnez-vous dans ma fille!

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