LADY BRISTOL, LE COMTE DE LIGUEIL
MADAME DE SABÉCOURT.
MADAME DE SABÉCOURT, entrant.
Voyons, messieurs, je vous en prie, toutes ces petites veulent absolument danser un cotillon. Venez, vous avez assez potiné.
LIGUEIL, inquiet.
Ah î bien entendu, on a potiné. Et comme de juste, sur les personnes qui sont à côté?
HERMANN, avec bonhomie.
11 y en avait déjà de parties.
LIGUEIL.
Et puis, à belles dents, n'est-ce pas ?... Comme
on opère aujourd'hui sur le prochain : plus de petites moqueries portant sur les ridicules légers ou les défauts aimables ; mais des imputations graves, écrasantes, contre le fond même des personnes.
MADAME DE SABÉCOURT.
Oh ! quel ton de moraliste ! On a toujours jaboté ainsi entre intimes. Et pourvu que les sujets en cause ne s'en doutent point, pourvu qu'il n'y ait à portée des propos qui blesseraient, aucun parent, pas de mari...
LADY BRISTOL
Ni d'amant.
MADAME DE SABÈCOUKT, vivement.
Ah ! cela, ma chère, me fait si peur ! Car les situations de ce genre, on les ignore... quelquefois. Elles peuvent être de la veille...
LIGUEIL.
Voyez-vous, je suis un vieux militaire. Je professe que lorsque l'on a quelque chose à exprimer contre quelqu'un... N'est-ce pas, docteur ?
LE DOCTEUR
On se tait.
LIGUEIL.
Ah !... Moi, je lui dis ça en face.