ACTE II, SCÈNE VI
RÉGINE. insisUint.
Je veux le savoir.
XOHAN.
C'était à M^^deMaudre.
RÉGINE, se mordant les lèvres.
Ah ! je commence à m'expliquer ses airs, certaines de ses mines .. Vous avez été bien léger, mon ami, bien inconsidéré ! Mais tâchez de me l'aire oublier ceci, voulez-vous ?
NOIIAN.
J'irai jusqu'au bout, parce que je trouve en moi la force de Thomme qui donne à celle qu'il aime la plus grande et la plus horrible preuve d'amour qui se puisse imaginer. J'aurais pu ne rien vous dire et peut-être n'auriez-vous jamais rien su de cela. Et si vous aviez jamais appris quelque chose, j'aurais eu beau jeu à mentir, à nier, à bâillonner votre interrogation, d'un de ces baisers dont je me suis vu si près tout à l'heure et dans lesquels j'aurais pu préférer me taire h jamais !
RÉGINE, palpHante.
Que voulez-vous ajouter encore?
NOIIAN.
J'ai dit, j'ai donné mes raisons de dire que le baron IMissen était votre amant !
RÉGINE, n'ayant pas d'abord l'air de comprendre ce qu'elle entend.
Mon... oh!
NOHAN, hors de îui.
Voilà ce dont j'ai été capable (Se frappant U poitrine
et s'agenouiiiant.) Et ce dont je VOUS demande pardon à genoux 1
RÉGINE, découvrant ses yeux sans paraître l'apercevoir.
Gomment? Moi? je riais au milieu de ces femmes, de ces hommes, de tous ces gens ! J'étais gaie, affectueuse, confiante... Je ne savais pas. Et tout ce que je faisais d'innocent, de naturel, était interprété sans doute, tourné en moqueries honteuses !
NOHAN, balbutiant.
Régine, ne me voyez-vous pas? Voulez-vous que je me tue?
RÉGINE, se levant et avec une violence croissante.
Et c'est sous les pieds de cette méchante M'"^ de Maudre que vous avez ainsi jeté mon honneur! Pourquoi, au fait? Gomment cela? Vous étiez donc ensemble en bien grande familiarité, pour vous amuser à me salir auprès d'elle?... Non, ne me répondez pas, je vous défends de rien me dire de plus. Une femme!... cette femme!... a été contre moi votre complice! Ah!