‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 80 sur 209 · ACTE 111, SCKNE X · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCKNE X

NOHAN

Laissez-moi achever, je vous en conjure! Vous me ferez donc l'honneur de porter mon nom pendant le temps légal. Et quand on vous verra en deuil... en deuil de moi, votre vue, j'espère, n'éveillera que des idées de respect plus grand que le respect ordinaire. Ensuite, vous serez lihre!

RÉGINE, en pleurs.

Me faites-vous assez souffrir! Encore!... On peut donc toujours de plus en plus souffrir?...

NOHAX.

Pardon! les moments pressent. Vous m'autorisez donc à charger Ligueil de remplir les formalités?...

RÉGINE, essuyant ses yeux.

Non! non! vous ne ferez plus que j'admette kl possibilité de vous perdre... Oh! j'ai atteint, à présent, le bout de la peine! et puisque je suis à votre côté, que je vous entends... {elle lui prend u muin) que jc VOUS tiens... Oh ! je vous garderai.

NOHAX.

Ma chère, ma bien chère, ne vous méprenez point. Ce qui me permet de vouloir vous nommer un instant ma femme, c'est ma certitude de n'y pas survivre... Et de cela, je suis sûr (A par/, résoiiimeni) et, au bcsoin, certain... (A iiéyine.) Le ma-

riage d'un mourant n'est jamais qu'un acte de pur hommage. Et personne ainsi ne pourra diminuer le caractère du nôtre, sous prétexte d'un entraînement ou d'un calcul de ma part, toute belle et riche que vous soyez.

RÉGINE

Je dois être bien laide, à force de pleurer! Et depuis hier, j'ai signé la renonciation à la fortune qui m'était échue.

NOHAN, avec une vive émotion.

Est-il possible? Régine! mon Dieu! Gomment avez-vous fait cela?

RÉGINE

Je ne voulais reparaître devant vous que redevenue celle dont vous n'aviez reçu aucune douleur. Et... si j'avais été condamnée à ne jamais vous revoir... j'étais ainsi prête, mon cœur mort, ma vie finie, mes mains vides, à prononcer les vœux de pauvreté et de retraite éternelle.

NOIIAN, très ému.

Oh! vous n'auriez pas dû!... Et pourquoi me l'avoir appris? Ce n'était point trop de toutes les raisons que je vous donnais... pour être raisonnable... Vous m'ôtez une force, vous me remplissez de tendresse... J'ai une joie en moi! Je ne sais plus où j'en suis... Maintenant je voudrais... {Avec une reprise d'énergie.) Et pourtant, je

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