ACTE III, SCr.NE XIII lo
SAINT- CHEF
Celles que ron avait reçues hier au club ne
laissaient plus d'espoir. {Fégine proteste, à part, dans un mouvement d'expression bienheureuse.)
MADAME DE SABÉCOURT.
Quel dommage ! Il se plaisait tant chez moi ! (A 3/-« de Maudre.) Vous aussi, n'est-ce pas, vous Taimiez bien?
MADAME DE MAUDRE, très émue.
Je tenais beaucoup à lui... Et ce serait pour moi quelque chose d'horrible s'il s'en allait sans que j'aie pu obtenir... sans qu'il m'ait laissé lui serrer la main.
L'ORDOXNAN'CE.
J'ai justement là une dépêche pour M'"'' de Sabécourt.
MADAME DK MAUDHE. nremeitl.
Et pour moi ?
HEnMAXN.
Donnez, donnez donc ! {Revenant avec les dépêches
qu'il s'est fait prêter.) Voici Ics bulletins que le commandant do Ligueil envoie au télégraphe. (Usani
tout haut une des feuilles, tandis que Af"« de Maudre tressaille ù la lecture d'une autre qu'elle a saisie.) « Secrétaire
Riding-Cliib, avenue Gabriel, Paris. Marquis de Nohau hors de danger. »
154 LES PAUOLES RESTENT
RÉGINE, bas à Nohan.
0 mon ressuscité !
HERMANN, un peu interloqué.
Ah ! tant mieux ! vraiment, j'en suis enchanté.
MADAME DE SABÉCOURT.
Moi aussi... Mais nous sommes à une drôle d'époque, où on a la rage de tout exagérer.
SAINT- CHEF
Le fait est que c'était moins grave qu'on ne l'avait cru.
MADAME DE MAUDRE, ironiquement.
Ou qu'on ne l'avait prétendu. Ecoutez plutôt : ceci concerne le procureur de la République, et savourez-en la signification : « Dispense pour mariage Nohan-Vesles, inutile, publications normales pouvant être faites ultérieurement. Excuses et remerciements. Ligueil. »
NOHAN, à part.
Ah ! cela, c'est impudent, c'est trop fort !
{Ilermann rend les télégrammes à l'ordonnance qui se retire.) MADAME DE MAUDRE, furieuse.
Avons-nous été assez naïfs!... Moi, j'ai été bien bête!... On s'apitoie, on se tourmente, on se met martel en tête... Mais pouvait-on mieux s'y prendre pour préparer au futur couple l'au-