SCENE PREMIERE
IREXE, PALLINE. Aa lever du rideau. Pauline raisonne sa sœur Rvec tendresse. Irène, agitée, nerveuse, traverse la scène dans toute sa largeur. Les hommes sont à fumer, en vue, derrière la porte vitrée d'un jardin d'hiver.
PAULINE
Enfin, qu'est-ce que tu reproches à ton mari?
IRÈNE, avec force.
Je lui en veux de ne pas l'aimer.
PAULINE
A qui la faute? Tu Faccuses de n'être pas aimé. Il te répondrait peut-être que tu n'es pas aimante.
IRENE
Ah! je sens bien que je saurais chérir quelqu'un, que je le peux, que j'y aspire de toute mon âme! Mais celui-ci, en dix ans de mariage, de vie en commun, il m'a conduite, non pas môme à la résignation! C'est au désespoir que j'en suis!
PAULINE
Ah! depuis qu'on a voté cette satanée loi du divorce, j'ai bien vu quel nouveau stimulant vous y trouviez, toi et tes pareilles, ma pauvre Irène, qui auparavant vous contentiez de faire tout bonnement très mauvais ménage...
IRÈNE
Je ne m'en suis jamais contentée.
PAULINE
Pourquoi n'arranges-tu pas autrement ton existence? Tu n'as pas d'enfant pour te consoler; prends le monde pour te distraire. Ne refuse pas les occasions de vivre le plus possible au dehors. Ici, dans cette maison si bien faite pour recevoir, où il y a une grande aisance, un homme