ACTE I, SCKNE I
contre cette misère que je crie et que je me débats ici.
PAULINE, malicieusement.
Si j'ai prêté peu d'attention à ce propos de mon mari, c'est sans doute que je m'amusais alors à te contempler.
IRÈNE
Moi?
PAULINE
Oui, toi, pendant que Michel Davernier nous tenait sous le charme de sa parole. Ses idées m'ont paru diablement avancées sur toutes choses; mais tu m'as eu l'air de le trouver fort éloquent !...
IRÈNE, avec embarras.
Que vas-tu chercher là?
PAULINE
Veux-tu même que j'ajoute le motif auquel j'attribue l'irritation particulièrement nerveuse 011 tu es contre ton mari? C'est qu'il a manqué, je l'avoue, de compétence, et un peu de finesse, en discutant avec Michel. Depuis que nous revoyons notre ami d'enfance, jamais ton mari n'avait eu l'occasion de donner aussi petitement sa mesure.
IRÈNE, troublée.
Alors tu penses... Que penses-tu?
PAULINE
Je pense que tu auras été blessée dans ton amour-propre; et qu'il n'y a en tout ceci que
des choses qui vont passer... {Désignant le fond de la
scène.) On dirait que nos fumeurs se disposent à revenir. Je te préviens que tes yeux sont fort rougis. Tu devrais peut-être...
IRÈNE
Oui, une fois de plus me recomposer une
mine. {Elle passe dans sa chambre en sortant par la droite.)