MARIE JK.VN.VE
Je dis que j'accompagnerai mon mari.
SABINE
C'est de la divagation! Comment! tu n'es pas seulement convalescente, et lu prétendrais te mettre à naviguer par delà les Antilles, vers des côtes où les rayons d'un soleil nouveau minent les plus robustes !... Allons! tu n'y songes pas!
MARIE-JEANNE
Vous savez bien que ce qui m'a rendue malade, c'est de voir Didier aux prises avec l'adversité, vaincu, terrassé par le découragement! Je serai LHiérie quand je le verrai content de lui, entreprenant, prospère... Déjà, rien que de me le représenter ainsi, je vais mieux, je vais bien !
S.VBINi:.
Et moi, avec cette combinaison, qu'est-ce que tu fais de moi?...
MARIE-JEANNE
Vous ne pouvez pas traîner grand'mère à notre suite, si loin. Vous ne pouvez pas non plus l'abandonner.
SABINE
Ainsi, ton plan est déjà fait : tu as admis d'aller, dans une semaine, vivre à quinze cents lieues de moi ?
MARIE-JEANNE
Puis-je admettre que ce serait entre mon mari et moi qu'il y aurait quinze cents lieues ?
SABINE
Vous n'êtes forcés ni l'un ni l'autre de quitter Paris. La misère ne vous y serre pas à la gorge, que diable!... Didier cherchera quelque chose d'autre.
MARIE-JEANNE
Vous avez déclaré vous-même que, dans notre milieu, il ne trouverait qu'à végéter. Vous ne voudriez pas que, lui et moi, nous nous condamnions à la médiocrité, quand un avenir peutêtre exceptionnel, incomparable, s'ouvre et brille à nos yeux. Nous sommes au seuil de la jeunesse, nous autres, pleins d'appétit, et l'endroit où l'on nous offre de mettre notre couvert, c'est au pays de la fortune, à la table des millions!
Quelle fougue ! et quel sérieux ! . . . Marie-Jeanne,