SCÈNE fV KAUNITZ. THÉROIG.NE, pms L EMPEREUR
K.\UNITZ
Mademoiselle Théroigne de Méricourt, vos souhaits vont être e.vaucés.
THÉROIGNE
Je serai entendue par TEmpereur?
KAUNITZ
Vous allez être à ses ordres.
THÉROIGNE
Enfin, je reprends espoir! L'Empereur, lui, ne craindra pas d'être équitable. L'excellent juge qui me retient depuis tant de mois a bien démêlé que je n'avais pas commis les crimes qu'on me reproche. Mais il n'ose pas s'en vanter.
KAUNITZ
Vous reconnaîtrez, du moins, toute la mansuétude avec laquelle il a été procédé à votre égard?
THÉROIGNE, souriant.
Je reconnais qu'on ne m'a pas mise à la torture.
KAUNITZ, sèchement.
L'Empereur ne l'a pas permis.
THÉROIGNE, avec un frémissement.
Comment?...
KAUNITZ
Sa Majesté a voulu, jusqu'à ce jour, que vous vous défendissiez par des réponses spontanées. Mais vous seriez aussitôt rejetée dans le droit commun si, tout à l'heure, vous vous faisiez convaincre d'une contradiction, d'une réticence.
ACTK I, ItCisS. IV 243
THÉROIC.NK.
Je ne meus jamais. Je ne mentirai pas.
KALMTZ.
Je vous y engage, maJeraoiselle. Je devais, toutefois, dans votre intérùt, vous prévenir que le régime autrichien n';i pas aboli, comme la France, certaines méthodes légales, d'où sorteut vite les grands cris de vérité...
THÉnOItiNE, aUrm^e.
Oh ! monsieur, si je m'intimide, si je me trompe, IFrapereur aura-t-il la patience de me laisser me reprendre? Verrai-je dans ses yeux ce qu'il pense?... N'est-il ni brusque ni sévère?... Ditesmoi, monsieur, comment est l'Empereur?
KAL'NFTZ, monlrunt LèopoUl-Joêeph qui entre par la gauche.
Le voici, (a rempereur.) Votre Majesté désirel-elle que je reste présent?
LLUPLliLlli.
Non, Kaunitz. Pour avoir chance qu'une femme no joue point de comédie, c'est déjà presque trop d un seul homme par qui elle se sente observée.
liAUN'rrZ, dt»ignant le doêëier.
Les documents sont là.
\H sort par (e fond.)
244 THÉROIGNE DE MÉBICOURT