‹ Théâtre completChapitre 117 sur 193 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

JAKJAYES, MADAME CAMPAN.

MADAME C.\MPAN, entrunl par la porte de l'appartement </e /.•( Rfiite et allniit à Jarjuyes.

Ail 1 monsieur de Jarjayes!... Sa Majestr^ la Reine m'envoie aux nouvelles... Ne pouvez- vous faire que je lui rapporte un mot de réconfort?

JARJAYES

Hélas !

MADAME CAMPAN

Vous connaissez la séance de cet après-midi à l'Assemblée Législative?

TIIEROIGNE DE MERICOIRT

JARJAYES

Oui.

MADAME CAMPAN

Eh bien! aujourd'hui, 9 août, c'était la date fixée pour la discussion sur la déchéance de Louis XVI. D'après vous, n'est-ce pas bon signe que l'on ait ajourné ce débat?

JARJAYES

Faites comme moi, madame Gampan : mettez dans vos poches ce que vous avez de précieux. Cette nuit, ou demain matin, la populace va se ruer sur les Tuileries.

MADAME CAMPAN

Mais, monsieur, le château résistera?... Le roi est là pour nous protéger I

JARJAYES

Nous ne pourrions être sauvés que par sa vigueur ; et c'est la seule vertu qui lui manque !

MADAME CAMPAN

Mon Dieu! mon Dieu!... Ces Parisiens que, tant de fois, j'ai vus si facilement joyeux, si prompts à s'attendrir!... D'où leur viennent, à présent, ces accès périodiques de fureur?... Qui donc leur souffle tant de haine contre le plus paternel des maîtres?

JARJAYES

Madame, il y a dans l'Assemblée, il y a dans les clubs, il y a partout, de terribles raisonneurs qui démontrent que les frères du Roi sont allés

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