‹ Théâtre completChapitre 131 sur 193 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

THKROIGNE, PÉTIoN.

THÉROIGNE

Comment vous est-il possible de venir chez moi, ce soir?

PÉTION

Les événements qui se préparent rendent ma situation intenable. J'ai quitté mon domicile pour éviter la réquisition de Louis XVI, ou celle des Parisiens. Mes fonctions de maire, je les occupe bien au nom du Roi, mais par le peuple qui m'a imposé au Roi. Je ne puis plus, dans le conllit, servir personne sans trahir quelqu'un.

THÉROIGNE

Je me plais à croire que vous ne serez pas relancé ici par le parti de la Cour. Mais vous allez bientôt vous y trouver au milieu des meneurs populaires.

284 TIIÉROIGXE PE MÉUICOURT

PÉTION

Comment cela?... Chez vous!... Dans cette retraite de la rue de Tournon?

THÉROIGxXE.

Ma demeure a deux issues. Elle semble protégée par le voisinage des Cordeliers, oii campent les Marseillais de Barbaroux. Les chefs de Tinsurrection, à ces divers égards, l'ont choisie pour leurs derniers échanges de vues. Certains qui furent brouillés avec moi, d'autres qui ont pu se quereller naguère, tous les nôtres, enfin, ont senti le besoin de se revoir, de près, à l'instant suprême. Avant de repartir pour culbuter le trône ou se faire écraser par lui, chacun aura ainsi compté les visages sûrs, et montré le sien. (Ayant entendu sonner.) Tenez, en voici qui arrivent!

PÉTIOX.

Ces amis que j'ai voulu fuir, la fatalité les remet sur mon chemin... Tant pis! je reste.

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