‹ Théâtre completChapitre 138 sur 193 · SCÈNE Mil THÉHOIGNE. SIKVKS · texte numérisé non relu

SCÈNE Mil THÉHOIGNE. SIKVKS

THfcHOIGNF.

Je VOUS attendais avec impatience.

SIEYfeS.

Depuis la lin do la Constituante, je ne suis guère sorti de ma retraite, h une lieue de Paris. Mais votre appel m'a >i fort intrigué que j'ai voulu en avoir aussitôt lexplic itimi Ou est-ce que vous réclamez de moi ?

TUbiiOlO.NL.

Faites-moi, d'abord, savoir si vous avez la conviction que la royauté s'est rendue intolérable?

SIEVtS.

Oui. {Avec àmeriume.) Loui^ X\ 1 n'a pas lait place, auprès de lui, à un conseiller capable. Les uri>tocrates, qui l'entourent, ont achevé de le perdre par leur orgueil et leur dénieuce 1

THtROIONE.

Approuvez-vous qu'on tâche d'en linir avec la trahison, et que l'on aille forcer le château des Tuileries?

SIEYES

Si l'on prend demain les Tuileries, je dirai que le 10 août s'appellera, dans l'histoire, la Révolu-

292 TiiKROifiNP nr: mic«icourt

tion des patriotes, au même titre que le 14 juillet signifie la Révolution des Français !

théroign'f:.

Alors, vous êtes bien dans les dispositions sur lesquelles j'ai compté. Le moment est venu, pour un magnifique esprit comme le vôtre, de se manifester à la place que la monarchie peut subitement laisser vide.

SIEYÈS, illuminé d'ambilion.

Qu'entendez-vous par là?

THKROIGNE.

Je vais vous le dire...

SIEYÈS, affectant le dédain.

Mais non?... le repos plaît à ma nature. Je ne désire plus jouer de rôle politique.

TlIÉnOIGXE.

Au moment de compléter votre œuvre, vous n'avez pas le droit de vous dérober. Les pas de géant par oii débuta la Révolution, c'est vous qui les avez déterminés, dans la précédente Assemblée! C'est vous qui avez brisé les anciens Etats généraux, la hiérarchie des Ordres, le cadre des anciennes provinces. Gouvernement, société, physionomie territoriale de la France, tout cela, en ressortant de vos mains, était remis à neuf! Rappelez-vous que Mirabeau a dit : « Le silence de Sieyès est une calamité publique ! » Allons ! allons!... Quand tous les regards demandent aux

éctn m, scéNK riii tn

ti< triions quelle grande fifpire va se dresser, <|ui

ii»cile en elle Moïse uu Lycurgue, Selon ou

' i'«, venez dicter à

SlIYtS

Le pouvoir qu'il faudrait, je ne l'ai pas!... ('-omment voulez-vous qu'il passe à ma portée?

TiiÉROK;.\t:.

Pour vous imposer aux homme», qui peuvent t^tre demain les maîtres, unissez-vous à eux!

l>e>ignMHt U telle à mstiger.) Ils SOnt là. SIEVÈS. «twe virtriU.

Quoi? VOUS hébergez un rendez-vous de conspi- I ' . Il fallait m'en avertir... Je ne serais

TULROIIjNE.

Jf m- vous ai mis en contact avec personne. Je nai j»As dispoM'', sans vous, de votre consentement. Vous êtes encore libre de partir.

SIbYiS, irr^tolm.

ificatif que ne pas venir!

:^ - .. V. .apture brutale, c'est un

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